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Aujourd'hui, je chante à la station Pigalle. Demain, j'espère sortir mon album !

Image parue dans Nous Deux numero 3616

A 27 ans, Hugo Barriol se produit chaque jour devant des centaines de spectateurs. Un simple ticket RATP leur suffit, car il chante dans les couloirs du métro, à Paris.

J'ai commencé à chanter dans le métro il y a trois ans... en Australie ! J'étais parti pour découvrir le pays, mais également pour perfectionner mon anglais. C'était important pour moi parce que je chante dans cette langue et je voulais être plus à l'aise pour écrire mes textes. C'était la première fois que je me produisais devant des anglophones et les réactions ont été vraiment bonnes. J'ai chanté plusieurs semaines dans le métro de Sidney avant de partir faire le tour du pays.

« Je gagnais suffisamment d'argent pour vivre »

De retour à Paris, en septembre 2014, je voulais avant tout trouver un appartement et gagner ma vie rapidement. J'ai donc repris mon travail de serveur, que j'exerçais avant de partir en Australie. Parallèlement, je continuais à chanter dans le métro, mais au départ, je ne mettais même pas de chapeau pour que les gens y déposent un peu d'argent. Mon unique but était de faire découvrir ma musique au plus grand nombre.

Au bout de cinq mois, je me suis dit que je passais beaucoup trop de temps au boulot, et pas assez à faire de la musique. J'ai donc démissionné pour aller chanter dans le métro à plein temps. Comme à un travail « normal », j'y allais cinq jours par semaine, à raison de cinq heures par jour, aux heures de pointe. Là, je me suis rendu compte que cela me permettait de gagner suffisamment d'argent pour vivre simplement, sans faire de folie. « Chanter dans le métro me permet de m'améliorer, que ce soit au niveau de mon jeu de guitare, de ma voix ou de mes chansons »

« J'ai fait des rencontres étonnantes »

Ce qui me plaît dans le fait de chanter dans le métro, c'est que cela me permet de m'améliorer, que ce soit au niveau de mon jeu de guitare, de ma voix ou de mes chansons. C'est très inspirant, d'autant plus que j'aime beaucoup l'acoustique dans les couloirs. Cela me permet également de voir immédiatement les titres qui plaisent plus que les autres. Et c'est sûr que lorsque des gens s'arrêtent pour prendre le temps de m'écouter, ça me fait toujours plaisir.

Je suis également très sensible aux messages d'encouragement envoyés via Internet par tous ceux qui m'ont apprécié dans le métro. C'est un lieu où l'on fait parfois des rencontres étonnantes. Je pense notamment à une maman qui passait souvent devant moi avec son tout jeune fils. A chaque fois, ils s'arrêtaient et le petit garçon dansait à côté de moi. Un autre jour, j'ai eu la surprise de voir Benjamin Clementine [un artiste anglais qui a chanté plusieurs années dans le métro parisien avant de signer un contrat avec une grande maison de disque, ndlr] s'arrêter pour m'écouter, avant de me donner tout l'argent qu'il avait au fond de ses poches, soit environ trente euros. Certes, tout le monde n'est pas toujours aussi enthousiaste, ni aussi respectueux. Certains se plaignent que la musique est trop forte, d'autres me piquent mon micro pour dire n'importe quoi. Je me suis même fait voler mon argent. A chaque fois, j'essaie de répondre avec le sourire et de ne pas envenimer la situation et, en général, tout rentre dans l'ordre.

« Les équipes de The Voice m'ont sollicité... mais j'ai décliné »

Si j'ai choisi de chanter dans le métro, c'est bien sûr pour faire découvrir mes compositions à un maximum de personnes et gagner ma vie, mais c'est aussi dans l'espoir de nouer des contacts dans le monde de la musique. J'ai d'ailleurs été approché par les équipes de The Voice , de La Nouvelle Star et de La France a un incroyable talent , mais j'ai décliné leurs offres, tout simplement parce que je ne me voyais pas sur un plateau de télévision à faire le show en souriant devant la caméra. Je préfère prendre le temps d'améliorer ma façon de chanter et de jouer afin de pouvoir proposer quelque chose qui me ressemble vraiment.

Ma patience a fini par payer puisqu'un jour, un producteur m'a donné sa carte. Il voulait me rencontrer dans un autre cadre, plus calme, pour que je lui fasse écouter mes compositions. Ça lui a plu et il a décidé de produire un CD de cinq titres. Le disque a été enregistré l'an dernier, durant l'été, dans le but de le proposer à des maisons de disques. Mes premières démarches n'ont pas été très concluantes et finalement, c'est aussi dans le métro que j'ai rencontré la directrice d'un label qui a beaucoup aimé ma musique. Depuis, d'autres professionnels se sont intéressés à mes chansons et m'ont contacté. Aujourd'hui, je suis en discussion avec plusieurs labels et j'espère bien signer un contrat avec l'un d'eux afin que mon disque puisse sortir dans les mois à venir. En attendant de voir ce beau projet aboutir, je continue bien sûr à chanter. Devinez où ? Dans le métro !

Retrouvez Hugo Barriol sur Facebook !

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