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AVC, crise cardiaque : Les femmes en première ligne

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Non, les maladies cardiovasculaires ne touchent pas que les hommes. Méconnues, mal identifiées, elles doivent être dépistées au plus vite.

Longtemps, on a cru les femmes mieux protégées des maladies cardiovasculaires. Or, chaque jour en France, plus de quatre cents personnes meurent d'une maladie cardiovasculaire, dont la moitié sont des femmes. Car contrairement à une idée reçue, crises cardiaques et accidents vasculaires cérébraux ne sont pas seulement le lot des hommes de plus de 50 ans, un peu trop bons vivants. Pire, les infarctus chez les femmes jeunes (de 44 à 54 ans) progressent de près de 5 % par an**. Le professeur Claire Mounier-Vehier, cardiologue au CHRU de Lille, répond à nos questions.

Pourquoi la Fédération française de cardiologie sonne-t-elle l'alarme ?

Ces quinze dernières années, le nombre d'infarctus chez les femmes de moins de 50 ans a triplé. Cette progression alarmante est directement liée à leur mode de vie. Elles sont aujourd'hui davantage concernées par le tabagisme, la sédentarité, le surpoids, le stress, la précarité... L' anatomie particulière de leurs artères les rend également plus vulnérables. To ut comme la méconnaissance des risques qu'elles encourent, y compris parmi les médecins. La croyance qu'elles seraient protégées par leurs hormones a la vie dure.

Que risquent les femmes ?

La maladie cardiovasculaire progresse sans faire de bruit. Mais quand elle se manifeste, c'est le plus souvent sous la forme d'un infarctus, c'est-à-dire d'une urgence vitale. Il provoque la destruction partielle ou totale d'un organe, suite à l'obstruction d'une artère qui l'alimente en sang et donc en oxygène. Le cœur est le plus souvent concerné : c'est l'infarctus du myocarde, plus connu sous le nom de crise cardiaque. Si la victime n'est pas prise en charge à temps, elle décède d'un arrêt cardiaque et respiratoire. Autre organe pouvant être touché très fréquemment chez la femme : le cerveau. L' infarctus cérébral, plus connu sous le nom d'AVC, provoque près de trente-sept mille décès par an. C'est la première cause de handicap physique chez l'adulte. Enfin, même si c'est plus rare, les femmes peuvent souffrir d'un infarctus au niveau des reins, de l'intestin grêle ou des poumons. Ces pathologies peuvent entraîner des lésions parfois irréversibles de l'organe concerné si elles ne sont pas traitées à temps.

Quand faut-il s'inquiéter ?

Il est essentiel de reconnaître les symptômes d'un infarctus, car chaque minute compte. En cas de crise cardiaque, le taux de mortalité est ainsi divisé par deux si un traitement est instauré dans l'heure. En cas d'AVC, les dégâts au niveau du cerveau peuvent rester très limités si l'on intervient dans les trois heures.

Quels sont les symptômes de l'AVC ?

Les symptômes sont les mêmes, que l'on soit un homme ou une femme. Les plus connus sont la perte de connaissance et des maux de tête inhabituels et violents. Mais attention : un AVC peut se manifester uniquement sous la forme de troubles de l'équilibre, de difficultés à marcher, de pertes de mémoire, de troubles visuels (on ne voit plus d'un œil, on voit double), de difficultés à parler, d'une perte de la sensibilité au niveau du visage et/ou d'un ou plusieurs membres, ou encore d'une faiblesse musculaire pouvant aller jusqu'à la paralysie.

Et ceux de la crise cardiaque ?

Les signes d'une crise cardiaque chez la femme peuvent être encore plus trompeurs. Chez l'homme, ils sont assez caractéristiques : une douleur intense et oppressante se déclenche au niveau du thorax et irradie dans le bras gauche et la mâchoire. Chez les femmes, les signes avant-coureurs peuvent être des palpitations, surtout à l'effort, des difficultés à respirer associées à une fatigue persistante, des douleurs à l'estomac et dans le dos... D'où de fréquents retards de diagnostic, le médecin généraliste envoyant souvent plus facilement sa patiente chez le gastro-entérologue que chez le cardiologue, ou attribuant les symptômes au stress.

Comment se protéger au quotidien ?

Adopter une meilleure hygiène de vie permet de diminuer considérablement les risques. La priorité ? Arrêter de fumer, car il s'agit du premier facteur de risque évitable d'infarctus chez la femme jeune ! Si vous n'y parvenez pas, il est formellement contre-indiqué de prendre une contraception à base d'œstrogènes passés 35 ans. L'activité physique est également essentielle pour garder un cœur en bonne santé et agir sur le stress. Marche, vélo, natation, danse, jardinage... Faites ce qui vous plaît, à condition de bouger au moins trente minutes par jour. Parallèlement, limitez le surpoids. Manger cinq fruits et légumes par jour, réduire sa consommation de sel, d'alcool, de graisses animales (beurre, crème), augmenter ses apports en omégas 3 (huile d'olive, de colza, poissons gras, oléagineux)... ça compte aussi. Enfin, essayez de conserver un sommeil de bonne qualité et régulez votre stress. La méditation, la sophrologie ou simplement un film drôle peuvent vous y aider. Effectuez surtout des contrôles réguliers, notamment si vous prenez une contraception. Après 40 ans, il faut surveiller sa tension au moins une fois par an et son taux de cholestérol au moins une fois tous les cinq ans.

* Le professeur Claire Mounier-Vehier est également présidente de la Fédération française de cardiologie (Fedecardio.org).

**Source : Fédération française de cardiologie.

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