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Changer de vie, rêve ou réalité ?

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Il suffit parfois d'un déclic pour oser prendre un virage dans son existence et réaliser un rêve d'enfance. C'est le cas de Sandra Berra : un licenciement l'a poussée à se reconvertir et à devenir fleuriste. Le métier qui l'attirait depuis toujours.

Coiffeuse ou bien fleuriste ! Voilà ce que répondait Sandra quand, toute petite fille, on lui demandait ce qu'elle voudrait faire quand elle serait grande. Pourtant, Sandra ne deviendra ni coiffeuse ni fleuriste, mais factrice ! « A 19 ans, après l'école, j'ai trouvé un travail à La Poste et ça m'allait très bien ! », se rappelle-t-elle. Sandra aimait surtout la proximité avec les gens. De plus, c'est grâce à sa profession, à la faveur d'une mutation sur Poitiers, qu'elle a rencontré Michael, son mari. Et c'est encore à cause d'une mutation, qu'elle a refusée cette fois pour privilégier sa vie de famille, que Sandra a dû démissionner. Dans un premier temps, elle rebondit en trouvant rapidement un travail de serveuse dans un bar. Malheureusement, au bout de deux ans, le patron du bar n'a d'autre choix que de se séparer d'elle, car ses affaires ne marchent plus assez bien. Licenciée économique, Sandra repense alors à son désir de devenir fleuriste...

D'abord, reprendre le chemin de l'école

A 38 ans, Sandra se remet donc aux études pour passer un CAP de fleuriste. « C'est dur de se retrouver sur les bancs de l'école à cet âge et de n'être entourée que de jeunes de 15 ou 16 ans ! », se remémore-t-elle. L' autre difficulté pour Sandra, c'est que cette formation pour adultes condense en neuf mois ce qu'un jeune apprend normalement en deux ans. Pour y parvenir, elle travaille sept jours sur sept : quand elle n'est pas en cours, elle apprend son futur métier auprès d'un fleuriste, « samedis et dimanches compris ! », précise-t-elle. Le rythme est très soutenu, mais heureusement, Sandra peut compter sur le soutien de son mari et de ses quatre enfants qui font tous bloc et l'encouragent dans sa démarche : « Mes enfants me faisaient réviser », se souvient Sandra. Elle s'accroche et obtient le précieux diplôme qui va lui permettre de se lancer. Elle trouve un local et, le 8 mars 2012, elle ouvre sa boutique, Au secret floral*.

De la difficulté de tenir un commerce

Les débuts sont durs pour la fleuriste. Sandra a repris une affaire qui ne faisait plus vraiment recette et elle doit se reconstituer une clientèle. La tâche est d'autant plus ardue que, juste après l'ouverture, la municipalité lance des travaux sur la place où se situe sa boutique. Une catastrophe pour l'entrepreneuse qui voit son chiffre d'affaires s'effondrer aussitôt de moitié. Ce démarrage chaotique ne décourage pas Sandra qui ne ménage pas sa peine pour faire décoller sa petite entreprise. Et ça marche ! En quelques années, malgré la crise et la concurrence impitoyable de chaînes de fleuristes qui pratiquent des prix imbattables, elle parvient à tripler son chiffre d'affaires. Pour se maintenir à flot, Sandra cravache dur. Son magasin est ouvert du mardi au samedi, et même les dimanches de fêtes. Elle profite du lundi, son jour de fermeture, pour se rendre à Niort, à quatre-vingt-cinq kilomètres, où elle s'approvisionne en plantes. Et comme elle ne dégage pas un bénéfice suffisant pour engager un employé, la fleuriste fait absolument tout toute seule : l'achat des fleurs, les livraisons, la confection des bouquets, les formalités administratives, la comptabilité... Son travail lui prend énormément de temps et elle ne s'octroie que deux petites semaines de vacances par an. Des sacrifices nécessaires, mais qu'elle accepte de faire, parce qu'elle aime profondément son métier de fleuriste.

Le contact de la clientèle, un bonheur !

Sandra adore confectionner de beaux bouquets et faire plaisir à ses clients, qu'elle accompagne dans tous les moments de leur vie : mariages, enterrements, naissances, baptêmes... « Heureusement, il y a beaucoup plus de moments de bonheur que de malheur », confie-t-elle. Très émotive, elle confesse qu'au début, les premières commandes de couronnes mortuaires l'ont secouée. Pas étonnant, donc, qu'elle préfère les événements festifs, comme la Fête des mères, la Saint-Valentin et Noël, qui sont aussi les trois moments de l'année les plus importants pour elle en termes de vente. A côté de ces dates incontournables, son métier lui réserve parfois de belles surprises, comme ce jour où elle a offert un bouquet de fleurs à Alexandra Lamy à l'occasion d 'une avant-première, ou lorsqu'un monsieur lui a demandé de réaliser un énorme bouquet de cent roses rouges. Le 8 mars dernier, Sandra a célébré les cinq ans d'existence du Secret floral et, malgré tous les sacrifices qu'exige son métier de fleuriste, la quadragénaire est heureuse de passer ses journées au milieu des lys, des alstroemerias, des œillets, des lisianthus, des germinis, des jonquilles et tulipes, sans oublier les roses et les orchidées, ses fleurs préférées. Mais si elle s'épanouit pleinement dans son travail, c'est surtout parce qu'elle exerce enfin le métier de ses rêves !

*Au secret floral,

6, place des Castors,

86180 Buxerolles.

Tél. : 05.49.47.90.19.

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