Fermer
Suivre Nousdeux.fr sur
S'abonner au magazine :
Nous Deux
Nous Deux J'achèteFormat papier ou numérique
Je m'abonne : les meilleures offres
S'abonner à la version numérique

Charlotte Bouvard, la bonne fée des bébés prématurés

Image parue dans Nous Deux numero 3619

Cette pétillante jeune femme a fondé SOS Préma en 2004. Son association vient en aide aux grands prématurés... et à leurs parents. Elle informe, rassure, soutient ces derniers depuis plus de douze ans !

Jeune quadragénaire, Charlotte est mère de trois garçons. Elle nous présente les locaux de SOS Préma, une association qui défend la cause des grands prématurés, ces angelots trop pressés de venir au monde. « Avec le mode de vie des parents, le stress, et la hausse du nombre de jumeaux et de triplés, les naissances de prématurés ont augmenté considérablement. On en compte 60 000 par an. D'où la nécessité d'une association comme la nôtre ! »

Tout commence avec la naissance de Maxence, neuf semaines en avance

Elle connaît le sujet sur le bout des doigts, et pour cause : il y a douze ans, en janvier 2004, son fils cadet, Maxence, est né avec neuf semaines d'avance. « Le jour J, tenaillée par les contractions, je suis arrivée à l'hôpital où l'on m'a dit que j'allais être "césarisée". Je ne savais même pas ce que ça signifiait ! J'étais dans un état d'angoisse totale. » Le poids plume part en réanimation et ne verra sa maman que quatre jours plus tard. « C'était un stress énorme. Mais le pire, c'est le retour à la maison, car on a peur en permanence que son bébé ne vive pas. Il semble si fragile ! »

De cette expérience douloureuse, frustrante, lui est venue l'idée de se battre pour ceux qu'elle nomme ses « XXS ». « Très vite, l'idée de cette association est née dans mon esprit. Mon fils est né en janvier 2004... L'association a vu le jour neuf mois plus tard, le temps d'une grossesse, le 22 octobre 2004. »

En douze ans, l'association a aidé plus de 500 000 familles. « On a aujourd'hui sept salariés, trois cent cinquante bénévoles et soixante-dix antennes en France. » Avant tout, c'est un lieu d'information. « Si vous saviez comme on est démuni quand on rentre chez soi... Près de 50 % des mamans de prématurés font une dépression après la naissance. »

D'où la nécessité d'être soutenu par une permanence téléphonique : le jeudi matin, un pédiatre répond aux inquiétudes des parents, et le vendredi matin, c'est une psychologue. Les autres jours de la semaine, les bénévoles se relaient. SOS Préma distribue aussi chaque année un guide d'information et une pochette cadeau à 50 000 nouveau-nés prématurés (avec mini-couches, lessive sans savon, etc.).

« Ce qui me tient à cœur, affirme Charlotte, c'est le soutien de proximité, dans des "cafés parents" ou bien carrément au pied des maternités. Je m'ingénie aussi à former les médecins et pédiatres de ville. Car il y en a des choses à savoir : peut-on vacciner les prématurés comme les autres ? Quel lait utiliser ? Etc. »

Son père lui a donné le goût de la défense des bonnes causes

Pour récolter des fonds, Charlotte ne néglige rien : dîners de charité, ventes au profit de l'association et adhésion des nouveaux membres (moyennant 15 euros par an)... Son tempérament de feu, elle le tient de son père, député du Morbihan, aujourd'hui à la retraite : « Il m'a donné le goût de la chose publique et de la défense des bonnes causes. D'ailleurs, il y a dix ans pile, en 2006, j'ai sensibilisé les pouvoirs publics afin de rallonger le congé de maternité pour les mamans de prématurés. Mais c'est encore trop peu appliqué ! », regrette-t-elle.

En donnant un peu d'elle, elle a reçu au centuple

« Nous militons aussi pour que les parents soient considérés comme des partenaires de soin et non comme des accompagnants, et qu'ils soient présents 24 heures sur 24 en néonatologie. » C'est pour cette raison qu'elle lance, mi-novembre, l'appli SOS Préma, qui met en contact les parents de grands prémas et des familles hébergeuses. « Avec cette appli, les parents qui habitent à quatre-vingts kilomètres de la maternité pourront être logés par des familles bénévoles. » Une idée généreuse. Mais comment fait-elle pour concilier son association avec sa vie de famille (ses trois garçons ont entre 4 et 15 ans) ? « J 'emporte mes dossiers tous les soirs et tous les week-ends à la maison. Vous ne pouvez pas monter votre association sans vous donner à 200 %. »

Quant à son énergie inépuisable, Charlotte sait d'où elle vient : « J e suis entourée de bonnes ondes. To ut le monde est prêt à aider les bébés, même les "petites fées", des mamies en maisons de retraite qui tricotent de la layette pour SOS Préma ! Et puis, en donnant un peu de soi, on reçoit au centuple. » Pour ne pas perdre pied avec la réalité, Charlotte assure la permanence téléphonique une fois par semaine. « A chaque fois, c'est comme si c'était mon premier appel. Quel bonheur d'apporter du réconfort. Pour moi, c'est un vrai cadeau. » Infos sur Sosprema.com

3 choses à savoir sur la prématurité

- Un bébé est dit prématuré quand il naît avant 37 semaines d'aménorrhée (arrêt des règles).

- On parle de prématurité moyenne (si le bébé naît entre 33 et 36 semaines d'aménorrhée), grande (naissance entre 28 et 32 semaines) ou très grande (avant 28 semaines, soit 7 mois).

- La prématurité peut être spontanée (une rupture de la poche des eaux, par exemple), ou provoquée par l'équipe médicale (si le bébé ou la maman présentent un danger d'hypertension sévère, de retard de croissance, etc.).

Réagissez !
Sans Pseudo, vous apparaitrez en Anonyme
 
Commentez
Commentez 0