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Frédéric Lopez : Rendez-vous en terre amie...

Frédéric Lopez
Frédéric Lopez

C'est en Chine que Frédéric Lopez a conduit Clovis Cornillac. Un Rendez-vous en terre inconnue à suivre sur France 2. Le temps d'une rencontre intime et émouvante, Frédéric est l'invité de Nous Deux, un magazine qui a marqué sa vie...

Bien sûr il est beau, bien sûr il a le talent de recueillir les confidences des célébrités comme des inconnus du bout du monde. Mais Frédéric Lopez a aussi ce petit quelque chose en plus : un regard bienveillant, un intérêt sincère pour l'autre, une quête d'absolu. A moins que ce soit tout simplement un supplément d'âme.

Nous Deux : Dans vos émissions, dans votre bouche, reviennent souvent les mots rêve et bonheur. Ce sont vraiment les deux axes de votre vie ?

Frédéric Lopez : Totalement ! Enfant, je vivais loin de Paris, loin du monde qui est aujourd'hui le mien, pourtant je rêvais de devenir journaliste, de m'adresser au plus grand monde, de transmettre. J'en rêvais mais cela me semblait impensable. La part de rêve m'obsède parce qu'elle est le fil rouge de notre chemin. Quant au bonheur, il m'importe parce qu'enfant, j'ai longtemps ressenti la peur et la tristesse. Mais à 48 ans, j'ai compris que le bonheur n'était pas un état permanent, le désirer à plein-temps serait vain. Mieux vaut se satisfaire de petites étincelles de bonheur, d'instants de joie. Il faut apprendre à conjuguer au présent sans être sans cesse pollué par la blessure du passé ou l'angoisse de l'avenir.

Ce n'est donc pas un hasard si Nous Deux, L'hebdomadaire qui porte bonheur, vous place à la une cette semaine...

F.L: Sans flagornerie, être dans Nous Deux me procure une grande émotion, votre journal me renvoie à ma grand-mère, Mémé Fino. C'était une Espagnole que la vie n'avait pas épargnée, elle nous racontait sa vie, les violences et les tromperies que lui avait infligées son mari, elle était pleine de larmes mais lorsqu'elle lisait Nous Deux, le ciel s'ouvrait et le plein soleil entrait dans la maison. Elle redevenait une petite fille. C'est moi qui allais lui acheter, j'avais la sensation d'être son dealer, celui qui lui livrerait sa dose de bonheur. Elle me laissait toujours la monnaie, et je m'achetais un Malabar. Je lisais les romans-photos par-dessus son épaule. Et si son magazine avait le malheur de disparaître, c'était le drame dans toute la maison ! Et je dois vous dire que la couverture que vous m'avez consacrée il y a plusieurs années m'a beaucoup ému, c'est d'ailleurs le seul magazine que j'ai conservé chez moi. Si Mémé Fino me voyait à la une de son Nous Deux... Si on m'avait dit... C'est incroyable, la vie !

Vous n'avez de cesse de recueillir les confidences de vos contemporains. Comment sont nés cette empathie, ce désir de rencontrer l'autre ?

F.L: Je pense qu'une fois encore, tout a commencé avec Mémé Fino... J'étais fasciné lorsqu'elle me racontait son enfance en Espagne, sa vie au Maroc, les trahisons qu'elle avait endurées, l'éducation de ses six enfants... J'aime relever les détails des récits qui me sont faits : des images se forment, des émotions se lient aux souvenirs et c'est comme si je les vivais à mon tour. Qu'il s'agisse d'un Papou dont la vie est si loin de la nôtre ou de Robbie Williams qui vient d'enflammer un stade, je perçois une même humanité, une même vulnérabilité, c'est cette fragilité-là qui me fascine.

Votre besoin de libérer la parole ne provient-il pas de la terreur et des maltraitances que vous avez endurées de la part de votre père pendant l'enfance ?

F.L: La compréhension de l'autre m'a bien sûr aidé à me réparer. L'autre m'a sauvé de moi ! Mais je voudrais revenir sur ces cinq lignes à propos de mon enfance parues en 2011... J'avais évoqué les maltraitances et les humiliations subies pour faire passer un message, pour dire combien les enfants ont besoin d'être reconnus et entendus. Une déflagration a alors soufflé ma famille. Toutefois, le temps a passé, je vis aujourd'hui en harmonie avec mes parents, c'est un équilibre que je ne connaissais pas et n'imaginais pas.

Vous avez appris le pardon ?

F.L: J'ai pardonné parce que j'ai compris que mes parents avaient fait comme ils avaient pu, j'ai aussi compris quelle maltraitance avait subi mon père. Ce que j'avais été incapable d'intégrer pendant des années. Je n'étais pas un enfant désiré, ma mère a accouché de moi à 16 ans dans le plus grand secret. Mon père, lui, était reparti au Maroc avant de revenir quand j'avais 2 ans, pour accomplir son devoir. J'avais le visage de sa contrainte, il me l'a fait payer. J'étais sans cesse attaché à des phrases telles que « quel bon à rien !», « quel con ce gosse !». Ce dénigrement a engendré ma peur, il me terrorisait, du coup j'étais craintif et empoté, ce qui faisait encore grandir la violence. Un jour, à 15 ans, la violence entre nous a encore monté d'un cran quand un copain a surgi et nous a interrompus, s'il n'était pas intervenu je ne sais pas quel drame se serait passé. Depuis ce jour, je n'ai plus eu peur de lui...

Et à l'inverse, vous êtes, avec votre fils Victor, un père attentif et aimant...

F.L: Mon fils n'aime pas trop que je parle de lui, me partager avec tant de gens n'est pas forcément simple pour lui. Notre entente est très belle. Lui dit que je suis parfait, je ne le pense pas, je crains au contraire d'être trop absent, mais heureusement, nous avons nos moments rien qu'à nous. Notre truc, c'est la randonnée ! On peut enchaîner vingt-cinq kilomètres dans la journée, on ne sait pas où on va dormir le soir et on adore ça ! Cet été, nous étions en Irlande, il pleuvait sans cesse, nous étions trempés de la tête aux pieds, et lui chantait avec bonheur. Il a 19 ans, son enthousiasme est incroyable, il a le talent de la parole, il est encore plus bavard que moi, c'est dire [rires]!

Retrouvez un épisode inédit de Rendez-vous en terre inconnue le 12 avril sur France 2 à partir de 20h55.

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