Fermer
Suivre Nousdeux.fr sur
S'abonner au magazine :
Nous Deux
Nous Deux J'achèteFormat papier ou numérique
Je m'abonne : les meilleures offres
S'abonner à la version numérique

Hémorroïdes, et si on osait en parler ?

HOME

Fréquents, sans gravité la plupart du temps, les hémorroïdes peuvent toutefois devenir une gêne quotidienne douloureuse, si l'on tarde à les traiter...

Savez-vous que les hémorroïdes « vivent » avec nous depuis notre naissance ? Indolores la plupart du temps, ces petits « lacs sanguins », associés à des vaisseaux artériels et veineux, sont regroupés en grappes au niveau de l'anus. Quand une crise survient et que les vaisseaux sanguins se dilatent, une tuméfaction douloureuse apparaît brutalement à l'intérieur (hémorroïde interne) ou à l'extérieur (hémorroïde externe) de l'anus. Inconfort, picotements, démangeaisons évoluent rapidement en une sensation de tension et de brûlure permanente, avec ou sans saignements (en poussant lorsque l'on va à la selle ou en s'essuyant), parfois difficilement supportable.

Quelles sont les causes les plus fréquentes ?

Les facteurs qui déclenchent ou aggravent les problèmes d'hémorroïdes ne sont pas encore connus avec certitude. Parmi les plus étudiés et les plus probables, on retient les troubles du transit intestinal (constipation, diarrhée qui irrite le canal anal), le stress, certains médicaments (laxatifs ou suppositoires utilisés pour traiter la constipation) ou aliments (épices), la période des règles, la grossesse (jusqu'à 38 %* des femmes enceintes sont touchées) et l'accouchement (20 % des femmes seront atteintes de maladie hémorroïdaire par la suite).

Comment soulager une crise ?

Les traitements locaux et médicamenteux ne sont justifiés que pour de courtes périodes (en général, une à deux semaines) afin de soulager une crise ponctuelle.

Pas simple lorsque l'on travaille, mais beaucoup plus aisé lorsque l'on est chez soi, le premier geste qui sauve consiste à refroidir la zone. On entoure un glaçon d'un linge propre (n'apposez jamais la glace directement, cela « brûlerait » la peau et les muqueuses) et on l'applique au moins trente minutes sur la zone endolorie, une fois allongé sur le ventre. Les propriétés anesthésiantes du froid vont « endormir » la douleur pendant quelque temps.

Chez le pharmacien, on pourra ensuite acheter une pommade ou des suppositoires anti-hémorroïdaires dont les substances vont réduire l'inflammation (corticostéroïdes), la douleur et les démangeaisons (anesthésique local).

Ce premier traitement peut être associé à la prise d'un veinotonique par voie orale (type Veinamitol, Daflon, Ginkor Fort...), mais également à un court traitement antidouleur (type paracétamol) ou anti-inflammatoire (ibuprofène) en cas de douleur intense.

Que faire quand la situation empire ?

Quand les crises récidivent de façon chronique ou que les hémorroïdes sortent régulièrement ou totalement de l'anus, une consultation chez un spécialiste (proctologue, gastro-entérologue) est indispensable. L' examen va consister en un interrogatoire du patient (fréquences des crises, habitudes de vie, régime alimentaire...), un examen de la zone anale, un toucher rectal (pour évaluer l'état des hémorroïdes internes), une anus-copie et une rectoscopie (explorations sans douleur du canal anal à l'aide d'un petit tube rigide). Quatre stades vont permettre au médecin de prescrire le traitement le plus approprié.

Grade 1. L'hémorroïde est grosse, interne et provoque des douleurs et/ou des saignements.

On utilisera plutôt la cryothérapie (traitement par le froid), les infrarouges ou le laser. Ces traitements ne suppriment pas les hémorroïdes internes : en créant une zone cicatricielle à leur sommet, ils renforcent leur soutien. Bien tolérés dans l'ensemble et peu douloureux, ils demandent parfois deux séances pour offrir un résultat optimal.

Grade 2. Elle sort spontanément, régulièrement lors de la défécation et puis « rentre » naturellement. Elle provoque douleurs et/ou saignements. On préférera la ligature classique. Cette méthode consiste à réaliser, à l'occasion d'une courte anesthésie, la mise en place de six à huit points de suture au sommet des hémorroïdes, à l'endroit où existent les petites artères qui leur sont destinées. Son efficacité est supérieure aux méthodes utilisées majoritairement pour le grade 1, avec des suites opératoires un peu plus douloureuses, mais très supportables.

Grade 3. Elle sort à la poussée ou lors d'une crise. Elle reprend sa place seulement si on la repousse dans le canal anal avec le doigt.

Grade 4. Elle est totalement à l'extérieur de l'anus : c'est un prolapsus hémorroïdaire. Les grades 3 et 4 nécessitent, dans la plupart des cas, une anopexie rectale (dite intervention de Longo), réalisée sous anesthésie générale. Cette opération, qui ressemble à un lifting, lors duquel le chirurgien « remonte » les hémorroïdes vers le haut en retirant une bande de la paroi du rectum qui s'est affaissée. L' intervention se fait en ambulatoire avec un arrêt de travail d'environ une semaine. Les complications sont rares et les douleurs, modérées, s'atténuent au bout de deux à trois jours.

Plus rarement enfin, on pratiquera une ablation des hémorroïdes externes et internes sous anesthésie générale. Les plaies étant alors laissées ouvertes ou partiellement fermées, les douleurs sont habituellement assez intenses dans la semaine qui suit l'intervention, mais réduites au maximum avec un traitement à base d'anti-inflammatoires et d'antibiotiques. La cicatrisation, plus lente, nécessite un arrêt de travail de quatre semaines en moyenne.

Source : Société nationale française de colo-proctologie (SNFCP).

Réagissez !
Sans Pseudo, vous apparaitrez en Anonyme
 
Commentez
Commentez 0