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Journée mondiale contre l'homophobie : un homme brisé par l'intolérance 

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Le 17 mai marque la Journée Mondiale contre l'homophobie. Et oui, elle est essentielle : les actes homophobes ont même bondi de presque 20% en 2016. Ces comportements ont détruit la vie de nombreuses victimes. Retour sur un témoignage bouleversant. 

A 67 ans, Michel Lapierre est un homme heureux. Pourtant, il cache une blessure qui ne s'est jamais totalement refermée : celle de voir son rêve de gosse brisé à cause des préjugés et de l'intolérance.

Jamais je n'ai un imaginé exercer un autre métier que celui de policier ! Dès mon plus jeune âge, j'embêtais mon entourage avec des histoires de flics poursuivant des bandits. Je n'avais que 4 ans quand mon institutrice de maternelle a lancé à ma mère : « Votre fils, vous n'en ferez qu'un gendarme ! » Cette femme avait déjà repéré ma vocation. Quand, quelques années après, ma mère m'a demandé ce que je voulais faire plus tard, je lui ai répondu sans hésitation : « Je veux être officier de police ! »

A 23 ans, j'ai fait mes premiers pas en tant que policier. Jeune et toujours prêt à faire rire mes collègues, je suis rapidement devenu le chouchou de tout le monde. J'avais tout pour être heureux, sauf que je mentais dès que l'on abordait le sujet de ma vie sentimentale. A l'époque, il était hors de question que je confesse que j'étais homosexuel.

« Dans mon esprit, il y avait une incompatibilité entre mon envie d'être policier et mon homosexualité »

Adolescent déjà, j'avais compris que j'étais attiré par les garçons, mais c'est quelque chose que j'ai longtemps refoulé. Je me souviens que lorsqu'un beau brun m'avait fait des avances au lycée, je l'avais repoussé en criant : « Non ! Je veux être flic, donc pas de ça ! » Dans mon esprit, il y avait une incompatibilité entre mon envie d'être policier et mon homosexualité.

Cela m'était d'autant plus difficile à vivre que le directeur du SRPJ (service régional de police judiciaire) était un épouvantable homophobe. Il avait viré comme un malpropre un officier dont il avait appris qu'il aimait les hommes. J'ai donc occulté ma vie privée pour donner la priorité à mon travail. Je m'interdisais de fréquenter les bars et discothèques, même si j'en avais très envie. Et si j'avais de discrètes aventures avec des garçons, je faisais en sorte de m'afficher au bras de jeunes femmes de temps en temps. Je gardais mon homosexualité profondément enfouie, comme un lourd secret.

Paradoxalement, c'est une femme, Marie-Paule, qui m'a donné envie de mettre fin à ce double jeu. Quand elle a commencé à parler mariage et enfants, j'ai pensé qu'il était temps de lui dire la vérité. Je l'ai invitée au restaurant et je lui ai dit : « Je ne supporterais pas de te tenir dans mes bras et d'avoir mon regard qui se pose sur un beau cow-boy ! » Avec cette révélation, j'ai franchi un pas. Je ne voulais plus mentir. J'avais envie de crier la vérité au grand jour. J'ai évoqué mon homosexualité avec certains amis et mes plus proches collègues. Leurs réactions ont été unanimes : aucun ne m'a rejeté. L'euphorie de cette révélation m'a fait baisser la garde et j'ai manqué de prudence.

« Mon patron me harcelait et cherchait à se débarrasser de moi par tous les moyens »

Quelques mois plus tard, le commissaire principal m'a convoqué dans son bureau pour me dire : « J'ai appris que tu étais pédé. Tu serais marié et tu aurais trois maîtresses, j'en aurais rien à foutre, mais ça, je ne te le pardonne pas ! Tu me donnes ta démission. » Evidemment, j'ai refusé. Il m'a alors juré qu'il allait m'en faire baver... et il a tenu parole !

En septembre, j'ai appris que j'étais affecté dans un nouveau service, à Chambéry... au secrétariat ! Moi qui ne tenais pas en place, toujours en intervention sur le terrain, je me retrouvais coincé dans un bureau. En outre, mon patron me harcelait et cherchait à se débarrasser de moi par tous les moyens.

Tous les jours, il entrait dans mon bureau pour me demander ma démission. Je bouillais. Et un jour, j'ai explosé ! Ne supportant plus ce harcèlement continuel, j'ai démissionné.

Quand je lui ai remis mon insigne de police et ma carte tricolore, le commissaire a affiché un sourire sadique. Au moment où il a découpé ma carte, il a pris tout son temps, conscient qu'il me déchirait les tripes et qu'il détruisait mon rêve de gosse. Les années qui ont suivi ont été très dures.

Heureusement, j'ai pu compter sur le soutien sans faille de mon compagnon, Bernard, que j'avais rencontré en 1977, peu de temps avant de quitter la police. Il a été mon phare, mon soleil dans le brouillard.

« Si je n'avais pas été victime de cette discrimination, j'aurais pu terminer ma carrière en tant que commandant de police »

Trente ans après mon départ de la police, je suis aujourd'hui un homme heureux. Très heureux même ! Bernard et moi nous sommes mariés il y a deux ans et ma vie à ses côtés est un bonheur au quotidien. Et j'ai eu la chance de trouver une autre voie dans laquelle je me suis épanoui : la production de films d'entreprises. Depuis que j'ai créé ma société, en 1987, ce métier est devenu une vraie passion. Malgré tout, je ne peux m'empêcher d'éprouver une grande nostalgie et une immense frustration quand je repense à ma vocation. Je me dis que j'étais vraiment au mauvais endroit, au mauvais moment, avec les mauvaises personnes, et que si je n'avais pas été victime de cette discrimination, j'aurais pu terminer ma carrière en tant que commandant de police. Ce regret, je l'aurai jusqu'à la fin de mes jours...

Pour des raisons de confidentialité, les noms et lieux ont été changés.

Vous aussi, témoignez : Nous Deux - On en parle, 8, rue François-Ory 92543 Montrouge Cedex. E-mail : redaction@nousdeux. fr

A lire

Le Droit à l'indifférence, coming out chez les flics, de Michel Lapierre, éd. Michalon, 17 €.

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2 commentaire(s)
leyla - Le 17/08 à 06:49

bonjour je me prénomme leyla j'habite en France précisément à Toulouse. je suis marié avec David en 2005 on na eu 2 enfants ensemble on étais très heureux , a cause de sa collègue de travail il s'est séparé de moi depuis le 06 février 2017 .Il ne viens plus a la maison, J'avais pris par tout les moyens pour essayer de le récupéré mais hélas !les faux marabout on pris tous mon argent.Mais DIEU m'as pas oublié , l'une de mes amies avait eut ce genre de problème et dont elle a eut satisfaction, grâce a l'aide d'un puissant pratiquant de la margis nommé maitre lawami, elle m'a donné le numéros du maitre lawami suivi de son mail et m'a dit de lui contacter pour lui expliquer mon cas. je me suis dit que c'est encore du gaspillages mais j'ai pas le choix car je suis folle amoureuse de mon mari. Quand j'ai contacté le puissant pratiquant je lui ai expliqué tout la situation de mon mari et moi. Vous savez quoi? Le maitre lawami m'a dit qu'il va me faire 3 rituels pour que mon mari revienne. Et bizarrement dans 7 jours à suivre mon mari est revenu en me suppliant , c'est un miracle pour moi je suis en paix dans mon foyer.C'est le premier miracle que j'ai vu dans ma vie. (pour tous vos petit problème de rupture amoureuses ou de divorce ,maladie ,la chance , les problèmes liés a votre personnes d'une manière, les maux de ventre, problème d'enfants, problème de blocage, attirance clientèle, problème du travail ou d'une autres). Ce pratiquant de la margis est très fort son émail: , envoyer lui un message ou l'appelé directement sur whatsApp numéro téléphone tel: +229 68 43 76 16 son site internet:

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Lafleure02 - Le 26/05 à 22:21

Bonjour, Mon histoire de sorcellerie que j'ai fais à mon mari à cause de nos disputes qui tend vers le divorce. Il y a un peu plus de 2 mois j'ai posté sur un forum pour avoir des infos afin de faire de la sorcellerie sur mon mari, une personne ma mise en relation avec un homme qui pratique la sorcellerie,donc j'ai contacté la personne et elle m'a demandée des photos etc... j'ai voulu le faire sur mon mari parce que il y a 1 an il m'avait quitter pour une autre avec qui il avait aménagé on était donc sépare j'ai hyper mal vécu tout ça cette séparation j'ai chercher par tous les moyen pour qu'il revienne et la personne m'a envoyé un talisman avec des mots écrit en arabe que je devais mettre dans une bouteille d'eau et prépayer le café pour mon mari elle travaillait de son côté avec nos photos mon mari est revenu en pleurant il y a 3 semaines j'ai été choqué jamais mon mari n'avait pleuré pour moi ou n'était pas bien pour moi il ma demander de lui pardonner et qu'il m'aimait très fort aujourd'hui je suis très heureuse avec lui,je suis très contente et encore plus amoureuse de lui. Alors pour tous vos problèmes (ruptures amoureuses ou de divorce, maladies, chance, stérilité, problème de blocage, d'attirance de clientèle, problème de chômage,pacte pour devenir riche etc...) je vous conseille de faire comme moi. Je vous assure que vous trouveriez satisfaction ou résolution à vos problèmes,pour cela voici les coordonnées du maître spirituel : Email : maitre.feticheur @ gmail . com Tel :(00229) 68-72-15-51 Bonne chance a vous.

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