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La phobie, une peur pathologique et irraisonnée

Thinkstockphotos

Pendant des années, Nathalie n'a jamais pu profiter des joies de la baignade en mer ou en piscine à cause de sa frayeur de l'eau. Et puis un jour, elle a décidé de la surmonter. Un travail long et pénible. Aujourd'hui, Nathalie nage comme un poisson dans l'eau.

Nathalie se souvient précisément du jour où sa phobie de l'eau est née : elle avait 9 ans lorsque, pendant une séance à la piscine avec sa classe, elle ne parvient pas à attraper la perche qu'on lui tend. Elle coule au fond du bassin et personne ne vient la chercher. Elle doit remonter à la surface toute seule, totalement paniquée. « J'ai cru mourir. Rien qu'en en parlant, je me revois sous l'eau, à regarder la surface et à me demander comment j'allais faire pour sortir de là », se souvient la jeune femme.

Ce traumatisme n'a pas été sans conséquence. Suite à cet incident, Nathalie fait de véritables poussées de fièvre le dimanche soir, veille des cours de natation de l'école. A tel point que son médecin décrète qu'elle ne doit plus du tout aller à la piscine ! Enfant, Nathalie n'a donc jamais appris à nager et n'a plus jamais remis les pieds au bord d'un bassin.

Cette peur de l'eau, elle en a beaucoup souffert, notamment lors des vacances à la mer avec ses amis, quand elle les voyait jouer dans les vagues, tandis qu'elle ne s'aventurait pas plus loin que le bord. « Dès que l'eau m'arrivait à la poitrine, j'avais l'impression d'étouffer », raconte-t-elle. Même sous la douche, quand elle se lavait les cheveux, elle veillait à ce que le jet ne lui coule pas sur le visage. Sinon, elle paniquait !

Enfin, elle met un mot sur sa peur

Pendant des années, Nathalie vit avec cette peur de l'eau qui l'empêche de profiter pleinement de beaux moments, comme son voyage à l'île Maurice, par exemple. « C'est l'un de mes regrets. J'étais dans un endroit paradisiaque et je n'ai pas pu aller nager au-dessus de la barrière de corail pour observer les poissons », regrette-t-elle.

C'est en lisant un article dans Nous Deux qu'elle trouve la solution. « J'ai découvert le mot "aquaphobie" dans le témoignage d'une femme qui, à 38 ans, a appris à nager grâce à l'association Archimède », explique-t-elle. Enfin, elle peut mettre un mot sur sa peur. En janvier 2009, elle s'inscrit pour un trimestre de cours afin de vaincre sa phobie de l'eau. Elle y va la peur au ventre à l'idée de devoir mettre la tête sous l'eau. D'emblée, elle est confrontée à son problème : « Dans le petit bassin, je devais souffler dans l'eau avec la bouche puis, au fur et à mesure, me baisser un peu plus pour m'immerger totalement. J'en ai pleuré ! », raconte Nathalie.

Malgré cette première expérience éprouvante, elle s'accroche et revient chaque semaine. Au bout de trois mois, grâce aux conseils bienveillants et rassurants du maître-nageur et d'une psychomotricienne présente à chaque fois, elle parvient à se laisser flotter sur le dos et à mettre la tête sous l'eau sans paniquer. « Une sacrée victoire ! », s'exclame Nathalie, mais elle doit renoncer à ces séances à cause de leur prix relativement élevé.

Elle s'agrippe au bord du grand bassin, où elle n'a pas pied

Néanmoins, un an plus tard, elle décide de continuer ce qu'elle a commencé et trouve un nouveau cours pour lutter contre l'aquaphobie, plus près de chez elle et moins onéreux. La première année, elle doit réapprendre à souffler dans l'eau, à apprivoiser l'élément aquatique et aussi à nager dans le petit bassin.

L'année suivante, Nathalie se jette dans le grand bain, au sens propre comme au figuré ! « La première fois que j'ai dû nager là où je n'avais pas pied, avec cinq mètres de profondeur en dessous, je m'accrochais de toutes mes forces au bord. Une vraie ventouse ! », se souvient-elle avec amusement.

C'est la troisième année que Nathalie prend enfin confiance en elle, grâce à un professeur qui lui apprend à faire « le bouchon », c'est-à-dire à se tenir à la verticale dans l'eau juste en battant des pieds : « Ça a été un déclic ! Je me suis rendu compte que j'étais capable de flotter. » Hypermotivée, Nathalie se lance alors dans l'apprentissage de la brasse, même sous l'eau.

Aujourd'hui, elle rêve de nager avec les dauphins

Débarrassée de sa peur de l'eau, Nathalie profite de l'été 2013 pour partir en vacances sur l'île de Rhodes avec des amies rencontrées justement lors de ses cours pour vaincre son aquaphobie. Lors d'une croisière, le bateau jette l'ancre dans une petite crique. Elle prend alors son courage à deux mains et saute alors qu'elle n'a pas pied : « C'était une fierté pour moi de nager dans la mer. »

A son retour de vacances, elle décide d'aller encore plus loin en prenant de vraies leçons de natation pour se perfectionner. Pour cela, elle doit d'abord passer un test afin de montrer qu'elle sait nager. Test qu'elle réussit ! Puis Nathalie parvient à maîtriser le crawl. « C'est même devenu ma nage préférée ! » se réjouit cette femme volontaire, qui avoue modestement ne pas comprendre l'admiration des gens à qui elle confie son parcours : « Je ne trouve pas que j'ai fait quelque chose d'extraordinaire. J'ai juste appris à nager . »

D'ailleurs, elle estime qu'il lui reste encore quelques progrès à faire, comme apprendre à évoluer sous l'eau à une certaine profondeur. Mais surtout, Nathalie espère bien réaliser un jour un rêve qui lui tient beaucoup à cœur : nager en pleine mer avec les dauphins.

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