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La procréation médicalement assistée, un progrès ?

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A priori, avoir un enfant, rien de plus naturel. Sauf quand justement la nature vous joue un mauvais tour. Souffrant de problèmes de fertilité, Audrey Keysers a eu recours à la médecine pour pouvoir connaître, enfin, le bonheur d'être maman.

Comme beaucoup de femmes, Audrey n'imaginait pas son existence sans enfant, à condition toutefois de trouver l'homme de sa vie. Aussi quand, à 36 ans, la jolie trentenaire rencontre celui qui va devenir son compagnon, l'idée de fonder une famille apparaît vite comme une évidence. « Je me sentais encore très jeune et j'étais persuadée que j'avais beaucoup de temps devant moi pour devenir maman », se souvient Audrey.

Pourtant, après six mois d'essais infructueux, la jeune femme consulte une spécialiste. Après une batterie d'examens, le diagnostic tombe, brutal : Audrey est déclarée infertile. La douche froide ! « Ce jour-là, le ciel m'est tombé sur la tête. Mon désir de maternité était tellement fort que l'idée de ne jamais pouvoir avoir de bébé m'était tout simplement insupportable » , confie-t-elle. Une sentence d'autant plus difficile à entendre que le personnel hospitalier lui annonce cela sans aucun ménagement, sans faire preuve d'une once d'humanité.

Les premiers traitements la rendent malade

Pour avoir un enfant, Audrey décide d'avoir recours à la PMA, la procréation médicalement assistée. La jeune femme suit donc un premier traitement pour stimuler l'ovulation et ainsi mettre toutes les chances de concevoir un bébé de son côté. Un vrai calvaire ! La spécialiste lui administre les médicaments à leur dose maximale et les effets secondaires sont terribles. « J'avais la tête qui tournait, j'avais envie de vomir. J'ai cru mourir » , se rappelle Audrey. Malheureusement, la première insémination artificielle échoue. Malgré le traitement de cheval que cela implique, Audrey fait une seconde tentative, sans succès hélas. Après ces deux échecs, la spécialiste, toujours aussi froide et antipathique, exclut tout nouvel essai et évoque tout de suite l'adoption, sans même faire allusion au don d'ovocytes. Ce n'est que parce qu'Audrey lui en parle qu'elle daigne aborder le sujet, et son discours n'est pas engageant. « Il y a peu de donneuses, donc peu de chances que votre démarche aboutisse avant plusieurs années » , marmonne l'éminente spécialiste. Loin de se décourager, et avec le soutien indéfectible de son compagnon, Audrey entame de longues et fastidieuses démarches pour s'inscrire sur la liste d'attente. Mais, consciente du fait que cette procédure pourrait ne jamais aboutir, la trentenaire se tourne vers la Belgique et l'Espagne, deux pays frontaliers où le don d'ovocytes n'est pas tabou ni aussi cadré. Mieux, dans les maternités belges, les gynécologues et les sages-femmes n'hésitent pas à expliquer aux jeunes mamans qui viennent de mettre un enfant au monde qu'elles peuvent aider une femme infertile à connaître ce même bonheur en donnant leurs ovocytes. Du coup, la Belgique bénéficie d'un nombre de dons très nettement supérieur à la France et peut donc satisfaire les besoins des Belges, mais aussi des Françaises qui traversent la frontière.

Enfin, elle trouve une réponse en Espagne

La première chose qui frappe Audrey lorsqu'elle est reçue par le médecin belge, c'est l'accueil chaleureux qu'il lui réserve. Là où la grande spécialiste française a expédié le premier rendez-vous en dix minutes, lui éteint son téléphone portable pour ne pas être dérangé et consacre trois quarts d'heure à cet entretien. Il fait preuve d'une qualité d'écoute et d'une empathie que le couple n'a jamais connues en France. De plus, il se montre optimiste et assure à Audrey et son compagnon qu'ils devraient trouver une donneuse d'ici six mois à un an. Pour mettre vraiment toutes les chances de son côté, Audrey fait les mêmes démarches en Espagne. Finalement, c'est à Barcelone que la première opportunité se présente : une donneuse est disponible tout de suite. Le transfert d'ovocytes a lieu début juillet et, le premier août, Audrey découvre qu'elle est enceinte. Du premier coup ! « Je n'y croyais pas, se souvient-elle. J'ai même fait deux tests à la suite pour en être certaine. » Finalement, après une grossesse normale, Audrey met au monde une petite fille, Rose, le 31 mars 2014. Elle a 39 ans.

Le bonheur de célébrer la Fête des mères

Aujourd'hui, Rose a 3 ans et se porte à merveille. Malgré sa joie immense d'être mère, Audrey n'a pas oublié les difficultés qu'elle a traversées. Le fait que le don d'ovocytes soit si peu promu en France la révolte, tout comme la façon dont sont traités les couples engagés dans un parcours de PMA. Outre les problèmes de fertilité, ils sont bien souvent confrontés à des formalités administratives très contraignantes et à un corps médical peu compréhensif, sans parler de l'aspect financier : la quasi-obligation de partir en Belgique ou en Espagne pour avoir recours à un don d'ovocytes nécessite des moyens non négligeables et empêche, de fait, les couples modestes d'effectuer une telle démarche. « Mon compagnon et moi avons dû emprunter de l'argent pour régler le forfait de 9 000 € pour la prise en charge à Barcelone, sans compter les frais de voyage, d'hébergement et de séjour », s'enflamme Audrey face à ce qu'elle considère comme une injustice. Mais elle retrouve rapidement le sourire en évoquant la journée de dimanche, imaginant déjà Rose, un petit bouquet de fleurs acheté par papa dans les mains, s'avançant vers elle et lui lançant pour la toute première fois : « Bonne fête maman ! »

A lire

3 ans et 9 mois , d'Audrey Keysers, éd. Max Milo, 16 €.

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