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Les troubles bipolaires, on en parle de plus en plus…

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Alternance de phases de dépression et d'exaltation, la bipolarité est très handicapante. Le Dr Elie Hantouche* nous aide à mieux la comprendre.

Des hauts et des bas, tout le monde en a, surtout en ces temps anxiogènes. Cela n'a rien à voir la bipolarité, considérée par l'Organisation mondiale de la santé comme l'une des dix maladies les plus invalidantes et dont les formes les plus sévères affectent environ 1 % de la population totale.

L'humeur en dents de scie

Il est impossible de lister les symptômes de la bipolarité en quelques lignes. Elle revêt plusieurs formes, il faut parfois attendre dix ans avant d'établir un diagnostic. « Pour schématiser, le patient connaît des phases dépressives suivies de phases dites d'hypomanie : il est exalté, incapable de trouver le sommeil, déborde d'une confiance aveugle en lui... Ces épisodes durent plus ou moins longtemps et peuvent avoir de lourdes conséquences sur la vie professionnelle et personnelle. Ils s'accompagnent d'une grande souffrance psychologique et exposent à un risque accru de suicide », met en garde le docteur Elie Hantouche.

De plus en plus de jeunes diagnostiqués

Il y a une quinzaine d'années, les spécialistes estimaient que les premiers symptômes de la maladie se manifestaient vers 25-30 ans. Aujourd'hui, la moitié des cas sont diagnostiqués avant l'âge de 15 ans. « Un meilleur dépistage de la maladie n'explique pas tout, nuance le docteur Elie Hantouche. La bipolarité a une composante génétique mais l'environnement joue aussi un rôle. Or les enfants dorment moins que par le passé, ils passent davantage de temps devant les écrans... Si ces nouvelles habitudes de vie ne créent pas les troubles, elles accélèrent leur apparition. »

Une maladie qui peut se traiter

La bipolarité est une maladie chronique, il n'est pas possible d'en guérir. Mais on peut limiter son impact sur le quotidien. Cela demande un lourd investissement de la part du malade, il doit prendre un traitement médicamenteux, respecter une hygiène de vie très rigoureuse... Il est donc essentiel qu'il se sente en confiance avec son médecin. « Au début, les patients sont dans le déni, et c'est tout à fait naturel. Le diagnostic est difficile à accepter , rappelle le Dr Hantouche. Mais quand ils adhèrent à la thérapie proposée, ils peuvent mener leur projet de vie comme ils l'entendent. »

* Psychiatre, spécialisé dans les troubles bipolaires et les troubles obsessionnels compulsifs, le docteur Elie Hantouche dirige le Centre des troubles anxieux et de l'humeur, à Paris (Ctah.eu). Il a notamment publié Les Tempéraments affectifs, l'architecture de nos émotions et J'apprends à gérer ma cyclothymie , éd. Josette Lyon , 22 € et 18 €.

 

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