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Nous Deux fête ses 70 ans ! 

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Depuis son premier numéro, le 14 mai 1947, Nous Deux a toujours mis en avant la lecture et le plaisir de lire. Et de nombreuses lectrices d'origine étrangère ont appris la langue française ou pris goût à la lecture grâce à nous. C'est le cas de Marguerite !

Bien que née à Blagny, un petit village des Ardennes, Marguerite n'a pas appris le français durant les premières années de sa vie, puis qu'elle n'avait que 8 mois lorsque ses parents, espagnols d'origine, ont décidé de rentrer dans leur pays. Ce n'est que onze ans plus tard, le 4 février 1939, que Marguerite remettra les pieds sur son sol natal pour ne plus le quitter. Toute la famille fuit alors la guerre civile qui fait rage de l'autre côté des Pyrénées, et débarque à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en Vendée. Marguerite ne parle pas un mot de français, mais elle rencontre une petite fille, Denise, qui étudie l'espagnol à l'école et qui lui propose un marché : « Toi, tu m'apprends l'espagnol et moi, je t'apprends le français ! »

Chaque semaine, un rendez-vous avec le romantisme

Malheureusement, sept mois à peine après leur arrivée en France, la Seconde Guerre mondiale éclate en septembre 1939. Pendant les années qui suivent, la famille déménage sans cesse, comme beaucoup de Français sous l'Occupation. Ce n'est qu'à la Libération que Marguerite et ses parents trouvent enfin la paix en s'installant à Villefranche-sur-Saône, dans le Rhône.

Bien entendu, cette errance et la distance ont mis fin aux cours particuliers de Denise, et Marguerite continue seule son apprentissage de la langue. Jusqu'à ce jour de mai 1947 où, en passant devant un marchand de journaux, ses yeux se posent sur la couverture du tout premier numéro de Nous Deux . Est-ce le beau dessin représentant un couple d'amoureux lovés l'un contre l'autre dans une gondole qui a attiré son regard ? Marguerite ne saurait le dire, mais une chose est sûre : quelque chose la pousse à acheter ce magazine. De retour chez elle, la jeune femme de 20 ans commence à lire Ames ensorcelées , le roman d'amour illustré, puis Toi, ma folie , le grand roman d'amour et, enfin, Les Sept Gouttes d'or , le grand roman dessiné qui clôt le numéro.

Pour Marguerite, qui ne maîtrise pas encore totalement le français, surtout à l'écrit, le coup de foudre est immédiat : « Tout me plaisait dans Nous Deux ! J'adorais lire ces histoires et surtout, j'avais hâte d'en connaître la suite. ». Chaque semaine, elle attend avec impatience la sortie du nouveau numéro de son magazine préféré. Une passion pour la lecture qu'elle peut assouvir grâce à la bienveillance de ses parents, qui l'autorisent à dépenser les dix francs nécessaires à cet achat hebdomadaire. Car même si, à l'époque, la jeune femme travaillait depuis déjà plusieurs années, elle ne disposait pas de son salaire comme elle le voulait. « Autrefois, centime que l'on gagnait, centime que l'on donnait aux parents », se souvient-elle.

Renoncer à Nous Deux, un vrai crève-cœur pour Marguerite

Mais au-delà du plaisir qu'elle prend à dévorer ces belles histoires chaque semaine, Marguerite s'aperçoit qu'au fil de ses lectures, elle fait de réels progrès : elle découvre de nouveaux mots ou voit pour la première fois à l'écrit des termes qu'elle connaît et qu'elle utilise à l'oral depuis plusieurs années, mais dont elle ignorait l'orthographe. « Nous Deux m'a aidée et a parfait mon apprentissage du français », confirme Marguerite. Pendant trois ans, elle est une fidèle lectrice du magazine et ne rate aucun numéro. Mais, lorsqu'elle se marie avec Denis, le 7 janvier 1950, Marguerite doit faire un choix cornélien. Les deux jeunes gens n'ont rien pour s'installer. Juste une table, quatre chaises, un matelas et un sommier achetés à crédit. Les temps sont très durs pour le couple pour qui chaque sou compte. Face à cette situation, Marguerite prend une douloureuse décision : elle renonce à Nous Deux . Un crève-cœur ! Les années qui suivent ne sont pas roses pour Denis et Marguerite et, malgré son attachement très fort au magazine de sa jeunesse, jamais elle ne parvient à mettre de côté les quelques francs qui lui permettraient d'en acheter un numéro de temps en temps.

Encore aujourd'hui, un merveilleux souvenir

Alors qu'elle va fêter ses 90 ans le 24 mai prochain, soit dix jours pile après l'anniversaire de Nous Deux , Marguerite confie garder « un merveilleux souvenir » de ce magazine qu'elle n'aura finalement lu que trois petites années, mais qui lui a tant apporté lors-qu'elle avait 20 ans. « J'ai beaucoup aimé mon Nous Deux, parce que j'ai passé de très bons moments avec. C'était ma passion ! », se remémore-t-elle.

Aujourd'hui, lorsqu'elle passe devant un marchand de journaux et qu'elle aperçoit la couverture du dernier numéro, elle ne manque jamais d'aller le feuilleter pour se replonger avec nostalgie dans cet univers de douceur et d'évasion. Son moment de bonheur à elle.

A 20 ans, Marguerite achetait le premier numéro de Nous Deux sur une impulsion.

D'origine espagnole, elle a fait ses gammes en grammaire et en orthographe au fil de nos pages. Cette semaine, notre héroïne, c'est elle !

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