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QUESTIONS AU DOCTEUR : le point sur le dépistage du cancer du col de l'utérus

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La vaccination, dès l'âge de 11 ans, puis la réalisation régulière d'un frottis, entre 25 et 65 ans, sont les mesures préconisées pour éviter qu'une « anomalie » ne se transforme en maladie.

Avec 3 000 cas détectés et près de 1 100 décès chaque année en France, le cancer du col de l'utérus est le douzième cancer féminin par ordre de fréquence*. Un cancer qui reste meurtrier, alors que, dépisté à temps, il se soigne très bien, comme nous l'explique le professeur Philippe Descamps, gynécologue-obstétricien et chef du Pôle femme-mère-enfant au CHU d'Angers.

Nous Deux : Pourriez-vous nous rappeler ce qu'est le cancer du col de l'utérus ?

Pr Philippe Descamps : C'est une maladie due à un ou plusieurs virus de la famille des papillomavirus humains (HPV). Cette infection, qui se développe sur la muqueuse du col de l'utérus, évolue sans bruit, sans symptôme, pendant plusieurs années. Ce n'est que lorsque des signes apparaissent (saignement vaginal entre les règles ou lors des rapports sexuels, douleurs pelviennes...) qu'il est déjà à un stade avancé.

Est-il possible de l'éviter ?

Oui. Et dans neuf cas sur dix grâce à la réalisation régulière d'un frottis de dépistage. Recommandé aux femmes âgées de 25 à 65 ans, ce test est particulièrement intéressant, car l'on sait qu'entre le moment où une anomalie apparaît sur le col de l'utérus et sa transformation en tumeur maligne, il se passe un délai de dix à quinze ans. Une période suffisamment longue donc pour permettre la détection précoce de lésions précancéreuses, qui pourront être traitées efficacement avant de devenir dangereuses pour l'organisme.

En quoi consiste le frottis ?

Lors d'un examen gynécologique, on prélève des cellules du col de l'utérus qui seront ensuite analysées en laboratoire. Cet examen totalement indolore peut être réalisé par un gynécologue, un médecin généraliste ou une sage-femme. Les résultats sont envoyés au médecin quelques jours après l'examen par le laboratoire.

On recommande un dépistage entre 25 et 65 ans, avec réalisation d'un frottis tous les trois ans, lorsque les deux premiers frottis, faits à un an d'intervalle, sont normaux. L'Institut national du cancer rappelle que cette recommandation concerne toutes les femmes de cette tranche d'âge : qu'elles soient vaccinées contre l'HPV ou non, ménopausées ou pas et ayant ou non des rapports sexuels.

Qu'en est-il du vaccin ?

La vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV) est recommandée pour les jeunes filles et jeunes femmes. Deux vaccins sont disponibles : Gardasil (quadrivalent) ou Cervarix (bivalent) sont nécessaires, en fonction de l'âge. Pour les très jeunes filles de 11 à 14 ans, deux injections suffisent. Entre 15 et 19 ans, trois injections sont nécessaires. La vaccination est prise en charge à 65 % par la Sécurité sociale, sur prescription médicale.

Aujourd'hui, on parle d'un « dépistage organisé ». Pouvez-vous nous en dire plus ?

Sur les dix-sept millions de femmes concernées, 40 % d'entre elles ne font pas de frottis, ou pas assez régulièrement. C'est pourquoi le Plan cancer 2014-2019 a recommandé la mise en place d'un programme national de dépistage organisé. Dans cette optique, une expérience a été menée pendant trois ans dans treize départements. Ce programme a permis de toucher des femmes qui y échappent habituellement, mais aussi de dépister de nombreuses lésions. De très bonnes raisons pour envisager une systématisation du dépistage en 2018, comme c'est le cas désormais pour le cancer colorectal et celui du sein.

* Bulletin épidémiologique hebdomadaire n° 2-3, janv. 2017.

Pour en savoir plus : Institut national du cancer ; E-cancer.fr

A lire

Docteur, j'ai encore une question... , du professeur Philippe Descamps, éd. Larousse, 15,95 €.