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Retour sur le phénomène Tanguy

Retour sur le phénomène Tanguy

Ils sont jeunes, vingtenaires ou trentenaires, souvent dans la vie active, mais ne parviennent pas à quitter le cocon familial. Les Tanguy, comme on les appelle souvent en référence au film éponyme d’Etienne Chatiliez sorti en 2001, sont devenus ces quinze dernières années un phénomène international qui intrigue et inquiète à la fois ; un phénomène aussi connu sous le nom de « génération kangourou ».

Mais de quoi s’agit-il exactement ?

C’est un phénomène social, souvent plus masculin que féminin, qui concerne en partie les 25-35 ans. Il rassemble des jeunes célibataires, peu pressés de quitter la douceur de vivre qu’ils trouvent au sein de leur famille. Ils souhaitent ainsi conjuguer leur vie d’adulte à une absence de contraintes pourtant normale au quotidien. Un paradoxe notoire qui engendre bien des soucis pour les familles concernées.

Pourquoi ce phénomène ?

Les raisons sont multiples, à commencer par l’entrée dans la vie active, de plus en plus tardive, des jeunes gens. Beaucoup font aujourd’hui des études supérieures qui s’étalent au-delà de leurs 25 ans : l’aspect pécuniaire ne leur permet pas toujours de louer des chambres ou appartement proches de leurs lieux d’études et ils se retrouvent ainsi à devoir rester à la maison… jusqu’à y prendre goût !
La crise économique, d’autre part, n’aide pas à une prise d’autonomie en toute sérénité. Même avec un emploi aujourd’hui, il est difficile de rebondir en tant que jeune célibataire – et souvent sans CDI. Là où il y a le plus de travail, soit à proximité des grandes villes, les loyers sont très élevés et les 25-35 ans peinent à rebondir. Rester en famille devient alors une solution d’appoint qui s’éternise.
Financièrement, il faut reconnaître que c’est plutôt intéressant : le « Tanguy » ne dépensera ses sous que pour les sorties, à l’instar d’un prolongement de l’argent de poche. De la sorte, un grand nombre de ces jeunes adultes poursuivent ce mode de vie confortable, même en ayant trouvé un emploi fixe.
Autre problème, l’aspect rassurant du cocon. Partir de chez les parents signifie se lancer vers l’inconnu. Or la vie actuelle, son stress, ses impératifs ne sont guère tentants pour ces jeunes, assez chouchoutés, qui ont du mal à se détacher de leurs habitudes. En famille, force est de reconnaître qu’ils sont plutôt bien lotis : pas besoin de faire les courses, les tâches ménagères, la cuisine… Ils profitent du nid douillet qu’ils ont toujours connus et n’ont, de fait, pas très envie de s’installer dans une relation de couple qui impliquerait des concessions, des compromis et serait évidemment plus complexe à gérer.

Les cas particuliers :

Tanguy malgré soi ? La trentaine, notamment, voit émerger des jeunes adultes qui, déjà indépendants depuis plusieurs années, retournent vivre chez leurs parents. Cela se produit en principe après une rupture douloureuse ou la perte d’un emploi. Si l’aspect Tanguy est ici moins prononcé (il s’agit en général d’une période bien définie), cela peut s’avérer préoccupant si la durée du séjour se prolonge. En effet, retrouver la chaleur d’un foyer agréable et se faire choyer à un moment où plus rien ne va dans sa vie donne évidemment envie de rester.

Un « fléau » pour les parents :

Les parents ne sont pas fait pour garder leurs enfants à la maison toute une vie. Après les avoir élevés, éduqués, pris soin d’eux, souvent au détriment de leur propre confort, il est tout à fait naturel qu’ils aspirent à retrouver leur intimité. Ils ont besoin de se reformer en tant que couple et pour cela, ne pas avoir d’enfants en permanence sous leur toit. Le phénomène Tanguy vient à l’encontre de cela et perturbe grandement les relations familiales. On trouve alors des rapports conflictuels, des frustrations ou même un désespoir pouvant aller jusqu’à une forte déprime. Garder des enfants adultes sous le même toit que les parents engendre un rapport malsain à la famille qui ne facilite pas le développement du jeune ni n’aide au bien-être de ses parents. Pire encore, certains parents finissent par avoir honte, malgré eux, de la situation de leur progéniture et en culpabilisent grandement.
Par ailleurs, la question pécuniaire n’est une fois encore pas en reste. Beaucoup de famille prévoient les dépenses liées à la scolarité de base, et aux études supérieures le cas échéant, mais pas au-delà : elles ne peuvent par se le permettre. Les Tanguy ont tendance à vivre au crochet de leurs parents une éternité alors que la situation n’est financièrement pas possible.

Ainsi, ce phénomène qui s’accroit aujourd’hui encore, pose problème, tant dans un souci éthique que financier. En toute logique, l’enfant doit s’extirper en douceur du cocon familial afin de voler de ses propres ailes et, à son tour, créer le sien. Lorsque ce n’est pas le cas et que la routine s’installe chez papa/maman, les conséquences peuvent être bien rudes, jusqu’à freiner le jeune dans sa recherche d’emploi puisque vivre au crochet de sa famille est plutôt mal perçu par la société. Même si en tant que parents, il est parfois agréable de garder les enfants à ses côtés, il est impératif de leur inculquer les bases de l’indépendance afin qu’ils se détachent eux-mêmes du nid et prennent goût dès leur post-adolescence à un sentiment bien ancré d’autonomie. 

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