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Se relever quand on croit avoir tout perdu

Jessy est heureuse d'avoir retrouvé ses outils de travail et d'accueillir sa clientèle dans un nouveau salon.

Jessy Galliano se souviendra longtemps de ce 27 juillet 2015. De ce jour où son salon de coiffure a brûlé, de ce jour où il lui a fallu tout reconstruire. La jeune femme a retroussé ses manches et a aménagé un nouvel espace de travail... dans son garage ! Deux ans après le drame, elle nous raconte les étapes de sa renaissance.

Quand elle revient de la plage avec sa fille, en ce début d'après-midi de juillet 2015, Jessy Galliano est loin d'imaginer le cauchemar qui l'attend. « J'ai aperçu de la fumée au loin, et je me suis dit : Tiens, on dirait que ça brûle au Pin-de-la-Lègue.», se souvient la femme de 37 ans. Jessy travaille dans ce village de vacances, qui accueille à Fréjus, chaque été, entre huit mille et dix mille personnes dans des mobile homes. Plus de quinze ans auparavant, elle n'avait que 20 ans quand elle avait acheté seule, en y investissant toutes ses économies, le fonds de commerce de son premier salon de coiffure, ouvert chaque saison entre le 1er avril et le 30 octobre. « En arrivant chez moi, j'ai allumé la télévision qui parlait d'un incendie à Fréjus, ajoute Jessy. Au même moment, je reçois le coup de fil d'un commerçant voisin qui me dit : " Tu es au courant de ce qui se passe ? Ton salon est en train de brûler, les pompiers cassent le toit pour tenter d'éteindre l'incendie. " » Jessy sent le sol se dérober sous ses pieds. Elle veut se rendre sur place, mais les routes sont bloquées. Impuissante, alors que les images de l'incendie défilent sur le petit écran, elle reçoit par SMS des photos de son salon carbonisé que lui envoient les commerçants sur place. A 18 heures, elle est enfin autorisée à prendre sa voiture pour aller constater les dégâts, accompagnée de son père.

En quelques secondes, quinze ans de travail partis en fumée

Le choc est immense. En brûlant, le goudron présent dans le toit s'est effondré sur les bacs à shampooing et les fauteuils en cuir. Dans un premier réflexe, Jessy veut aller récupérer ses ciseaux, un matériel qui coûte très cher. Mais dans les décombres encore fumants, les pompiers ne sont pas parvenus à sauver le moindre ustensile. « C'était horrible, se souvient la jeune femme, encore très émue par cette expérience. Sur le moment, tout vous semble assez irréel, mais vous comprenez assez vite ce qui se passe. » Le salon de coiffure de Jessy est le seul commerce à avoir brûlé ce jour-là, au Pin-de-la-Lègue. Les autres commerçants ont pu protéger leurs boutiques, car ils étaient présents, mais en ce lundi 27 juillet 2015, c'était jour de congé pour Jessy.

Très vite, la jeune coiffeuse est portée par un véritable élan de solidarité : son propriétaire lui prête un local de fortune et, grâce à une cagnotte lancée par les commerçants, elle peut se racheter du matériel. « J'ai pu finir la saison tant bien que mal, même si le sort s'est encore acharné en août, puisque le local que l'on m'avait prêté a été inondé ! Mais bon, à ce moment-là, j'étais confiante, je me disais que tout allait s'arranger », se souvient-elle avec ironie.

Son mari a alors une idée de génie

La mère de famille n'est, pourtant, pas au bout de ses peines. En octobre, rien n'a bougé. Le salon est resté en l'état, et Jessy n'a aucune nouvelle de son propriétaire, ni de l'assurance. Elle décide de prendre contact avec une avocate qui examine son bail. C'est la douche froide. « Une clause stipulait que si le local était détruit entièrement ou partiellement, le bailleur n'était pas tenu de verser des indemnités, et donc de dédommager le locataire. Je me retrouvais sans boulot, une assurance aux abonnés absents, avec des charges qui continuaient d'être prélevées et des frais d'avocat à payer », détaille-t-elle. Désemparé par la détresse de son épouse, le mari de Jessy a alors une idée. Il lui propose de transformer le garage de leur villa en salon de coiffure. Puisque la perspective de récupérer son salon s'éloigne, autant se lancer dans une nouvelle aventure !

Elle n'y serait pas arrivée sans le soutien de sa famille

Réticente au départ, la jeune femme finit par accepter. La famille et les amis relèvent leurs manches pour transformer le sous-sol de la villa en un espace accueillant, dédié au bien-être. De plus, l'assurance accepte d'indemniser Jessy à hauteur de vingt mille euros et, le 1er avril 2016, la pétillante blonde accueille enfin ses premiers clients dans son nouveau salon privé. Grâce au bouche-à-oreille, elle travaille aujourd'hui toute l'année et n'enchaîne plus les coupes à la suite, comme elle le faisait auparavant.

Soutenue dans cette épreuve par son mari, ses deux filles et ses parents, sans lesquels elle jure qu'elle aurait sombré, la jeune Varoise se souvient aussi avec émotion de la remarque que lui a faite, un jour, l'un de ses clients. « Tu as toujours été gentille et bienveillante avec les gens qui t'entourent, m'a-t-il dit. C'est pour ça que tu t'en es sorti, parce que d'autres ont su t'aider en retour. Tu n'as que ce que tu mérites au fond. » « Ça m'a énormément touchée », confie celle qui a su renaître de ses cendres.

Jessy Coiffure, 453, avenue Frédéric-Chopin, La Tour-de-Mare, 83600 Fréjus.

Tél. : 06.13.80.85.12.

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