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Syndrome du canal carpien : Un mal très féminin

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Pourvue d'un nom impressionnant, cette maladie sans gravité est pourtant douloureuse. Ce qu'il faut savoir pour ne pas laisser ce problème vous gâcher la vie.

Selon les chiffres de l'Assurance maladie, près de cent trente mille personnes sont opérées chaque année en France pour un syndrome du canal carpien. Parce qu'il est souvent provoqué par des gestes répétitifs et des postures inadaptées, c'est l'une des maladies professionnelles les plus fréquentes. Autre signe distinctif : il touche davantage les femmes, notamment entre 40 et 50 ans et 60 et 70 ans.

Des fourmis dans les doigts

Les premiers temps, le syndrome du canal carpien se traduit par des fourmillements, un engourdissement et/ou des sensations de décharges électriques dans le pouce, l'index et le majeur, voire l'annulaire. Ces troubles se manifestent plus volontiers la nuit et disparaissent en secouant la main, ou en la laissant pendre en dehors du lit. En journée, ils sont déclenchés par certaines positions ou certains gestes. Si l'on ne fait rien, la douleur s'installe au niveau des trois-quatre premiers doigts qui perdent leur sensibilité et à l'intérieur de la main. A la longue, on constate ensuite une diminution de la force, avec à la clé une mauvaise préhension des objets. Les deux mains sont parfois touchées, mais pas forcément en même temps.

Plusieurs causes possibles

Ce trouble, dit musculo-squelettique, s'explique par la compression du nerf médian quand il passe dans le canal carpien, au niveau du poignet. On ne parvient pas toujours à expliquer ce qui le provoque exactement, mais on sait qu'il existe des causes hormonales (grossesse, ménopause) et métaboliques (hypothyroïdie, diabète), de même qu'il est favorisé par certaines pathologies (goutte, polyarthrite rhumatoïde). Les professions, les sports et les loisirs (bricolage, jardinage) nécessitant des mouvements répétitifs, une position statique prolongée ou des appuis sur les mains peuvent aussi favoriser sa survenue.

Mieux vaut consulter

Même si les symptômes régressent et disparaissent spontanément dans environ un tiers des cas, ils peuvent aussi perdurer et s'aggraver, au point de léser les nerfs et d'entraîner des troubles irréversibles.

Mieux vaut donc consulter son médecin traitant dès leur apparition. Il faut aussi s'assurer qu'aucune pathologie sous-jacente n'explique leur survenue. Le diagnostic repose sur un interrogatoire et un examen clinique, complétés si besoin par un électroneuromyogramme (ENMG). Non douloureux, il consiste à mesurer la transmission de l'influx nerveux en plaçant des électrodes sur le trajet du nerf médian. Le médecin peut ensuite prescrire d'autres examens (radiographie, échographie) et vous orienter vers un rhumatologue et/ou un chirurgien.

Des antidouleurs à l'opération

Le choix du traitement dépend de l'intensité des symptômes et de leur cause. En l'absence de signes de gravité, la prise d'antidouleurs (paracétamol, ibuprofène) et le port d'une attelle amovible la nuit, durant généralement trois mois, peuvent suffire. Dans le cas contraire, le rhumatologue peut être amené à faire une infiltration de corticoïdes dans le canal carpien. Notez que la chiropraxie peut aussi donner de bons résultats.

Quand cette prise en charge médicale ne suffit pas, la chirurgie est alors envisagée. Elle est le plus souvent pratiquée sous anesthésie locorégionale (seul le bras est anesthésié), en ambulatoire. Dans tous les cas, pour soulager les symptômes et limiter leur récidive, il faut avant toute chose corriger sa posture et limiter les gestes répétitifs, au besoin en se tournant vers la médecine du travail. Quand on passe beaucoup de temps devant l'ordinateur, il est par exemple conseillé d'investir dans un repose-poignet ergonomique et de bien ajuster la hauteur de sa chaise, afin de ne pas avoir le poignet plié vers le haut quand on utilise sa souris.

Merci au Pr Philippe Deruelle, gynécologue-obstétricien au CHRU de Lille, secrétaire général du Collège national des gynécologues et obstétriciens français.

 

Les FEMMES ENCEINTES en première ligne

Durant la grossesse, les taux de progestérone et de béta-hCG grimpent en flèche et favorisent les œdèmes (des gonflements des tissus), y compris au niveau du canal carpien, où ils compriment les nerfs et les tendons. Voilà pourquoi une à trois femmes enceintes sur dix sont concernées par le syndrome du canal carpien. Notamment à la fin du deuxième trimestre et au cours du troisième. Tout rentre dans l'ordre après l'accouchement. Mais les risques de récidive lors d'une prochaine grossesse sont élevés.

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