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Jeanne-Marie Sauvage : elle a remporté le Prix du livre romantique

Un instant magique! Le 25 avril dernier, lors de la remise du Prix a Cabourg, i'ex-professeure d'histoire-géographie ne cache pas son émotion.

A 70 ans, Jeanne-Marie Sauvage est une écrivaine comblée. Cette romancière sportive et fin cordon-bleu vient de remporter le Prix du livre romantique. Rencontre.

Son nom ressemble à celui d'une héroïne romantique. Jeanne-Marie Sauvage a un sourire chaleureux et un accent aux couleurs du Midi. Elle habite Martigues (Bouches-du-Rhône), dans une maison avec un jardinet ouvert sur la forêt. A 70 ans, cette romancière a reçu le Prix du livre romantique des éditions Charleston pour son nouveau roman, Cueilleuse de thé* . « Quelle bonne surprise, s'exclame la lauréate. Je ne m'y attendais pas du tout ! » Certes, elle a déjà publié deux romans chez un petit éditeur, sans oser espérer plus. « Et puis, un jour, sur TF1, on a parlé des éditions Charleston, et des "feel good books", ces livres qui rendent heureux. J'ai immédiatement envoyé mon manuscrit par Internet, et on m'a proposé de postuler pour le concours du Livre romantique. » C'est lors d'un voyage au Sri Lanka que l'idée de son roman lui est venue.

Une fille de mineur

La vie n'a pas toujours été rose pour celle qui est née en plein bassin minier, à Va lenciennes (Nord), en 1947. « Je viens d'une famille de mineurs de sept enfants. Sans être des miséreux, nous avions du mal à boucler les fins de mois, raconte-t-elle. Mon père " doublait " très souvent, ce qui signifie qu'il pouvait faire des journées de seize heures, avant de rentrer exténué au bercail. Sa seule pause était d'avaler un sandwich que le garde venait récupérer à la maison pour le lui apporter. »

Pour autant, la petite Jeanne-Marie, douée à l'école, a l'opportunité de poursuivre ses études dans une école privée, tenue par des religieuses, où elle côtoie filles de médecins et d'avocats. Elle y passera dix ans de sa vie, de 7 à 17 ans. Elle s'en félicite. « C'est par les études que l'on peut prétendre à sortir de sa condition. Et à se hisser un cran au-dessus. Je crois très fort en l'ascenseur social », insiste-t-elle.

Elle écrit pour Nous Deux, Les Veillées des Chaumières...

Le baccalauréat en poche, Jeanne-Marie part en Lorraine pour être maîtresse d'école. Tout en passant le Capes pour devenir enseignante d'histoire-géographie. « J'ai adoré ce métier, s'enthousiasme la septuagénaire. J'y ai consacré quarante ans de ma vie. »

En 1973, changement de cap... Elle suit son mari à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). « Je ne vais pas vous dire que j'ai eu le mal du pays, sourit cette native du Nord. Je me suis faite très vite à la mer et au bleu du ciel. » C'est donc ici qu'elle pose ses valises. Bercée par les vagues, elle commence à écrire des nouvelles sentimentales ou policières pour Les Veillées des Chaumières et Nous Deux, un magazine dans lequel elle se sent bien. Il y a neuf ans, à la retraite, Jeanne-Marie voit plus loin. « Un roman... J'en rêvais depuis longtemps, mais il faut avoir une certaine disponibilité », confie-t-elle. Elle s'octroie enfin ce moment et, tous les matins, de 7 heures à midi environ, elle installe son ordinateur portable sur la table de jardin, juste devant la forêt. « Et là, devant les animaux qui parfois viennent s'abreuver dans les bacs à eau que je leur ai disposés, je m'évade, loin dans l'espace et le temps », décrit-elle. Son premier roman, Le Printemps des femmes, a pour cadre la Grande Guerre, première marche vers l'émancipation pour nombre de jeunes femmes de l'époque.

« J'ai écrit le second tome, et maintenant, les deux livres ont été réunis en un ouvrage de sept cents pages, Perline, Clémence, Lucille et les autres. » Quand elle n'écrit pas, Jeanne-Marie, grande sportive et ancienne joueuse de tennis classée, rejoint un groupe de randonneurs. « On marche entre quinze et dix-huit kilomètres par session. On randonne dans les Alpilles, les calanques... C'est magnifique », s'extasie-t-elle.

Gym, natation, écriture et... dîner entre copines

Elle suit également des cours de Feldenkrais (gym suédoise) et nage deux à trois fois par semaine. Et puis, il y a les « dîners » avec ses amies... Pour rien au monde elle ne les zapperait ! « Nous nous invitons à tour de rôle pour un repas gastronomique. Je peux vous dire qu'on y pense longtemps à l'avance. On se reçoit à la manière de l'émission Un dîner presque parfait. Il m'est arrivé de cuisiner pendant des heures ! Même loin de chez moi, j'y pense et je rapporte des spécialités locales. »

En 1995, elle a jeté son dévolu sur le Sri Lanka. C'est là, lors d'un voyage sur cette île de l'océan Indien, que l'idée de son roman, Cueilleuse de thé, lui est venue.

« Un jour, notre bus touristique s'est arrêté près d'une plantation de thé. J'ai croisé le regard d'une de ces jeunes filles qui ployait sous les lourds sacs de feuilles... Un regard si triste qui m'a émue. »

Elle prend des notes... Puis elle imagine l'histoire de Shemlaheila, une ravissante cueilleuse de 20 ans, qui s'échappe de sa condition pour vivre enfin libre.

Jeanne-Marie regarde l'horizon. Serait-elle partie vers une autre histoire ? « Oui, confie-t-elle. J'ai deux autres idées de roman, dont une romance autour d'un personnage historique très connu. Une femme avec une belle âme et un sacré caractère ! » Mais, chut... elle ne nous en dira pas plus.

Un instant magique! Le 25 avril dernier, lors de la remise du Prix a Cabourg, i'ex-professeure d'histoire-géographie ne cache pas son émotion.

Cueilleuse de thé, de Jeanne-Marie Sauvage, éd. Charleston, 18 €.

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