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Rosabelle Forzy : elle a sauvé le béret français

Il y a cinq ans, elle a sauvé de la liquidation l'entreprise Laulhère, qui fabrique le célèbre béret français depuis cent quatre-vingts ans dans les Pyrénées. Et elle lui a aussi donné un sérieux coup de jeune... Chapeau !

Été comme hiver, il est rare de la voir sans son éternel béret. Depuis qu'elle a racheté, en 2012, la maison Laulhère, Rosabelle Forzy ne quitte plus son accessoire fétiche et est même devenue l'une des meilleures ambassadrices de ce symbole à la française. Il y a cinq ans, la jeune femme, qui n'a alors que 27 ans, tourne un peu en rond professionnellement et décide de changer de voie. Responsable grands comptes chez Oracle Corporation, une entreprise informatique américaine, celle qui a été élevée dans une famille d'entrepreneurs sent à son tour le virus la piquer. « A l'aube de mes 30 ans, j'ai compris que je ne voulais pas rester commerciale toute ma vie et j'ai cherché une société à reprendre, explique-t-elle. Je savais que je voulais me tourner vers le savoir-faire et l'artisanat. »

A Oloron-Sainte-Marie, au pied des Pyrénées, l'usine Laulhère, qui fabrique le traditionnel béret béarnais depuis 1840, connaît d'importantes difficultés et est menacée de fermeture. Pour la jeune femme, élevée dans le Gers voisin aux côtés d'un grand-père qui a toujours porté le couvre-chef, c'est le déclic. Hors de question que cet objet mythique disparaisse un jour !

Perpétuer des savoir-faire uniques

Aidée par le groupe Cargo, elle rachète la manufacture en dépôt de bilan et fait même, deux ans plus tard, l'acquisition de Blancq-Olibet, une autre fabrique historique de la région. En cinq ans, l'ambitieuse entrepreneuse réussit à relancer la production et double les effectifs. « Certains salariés ont quarante ans de maison, aime faire remarquer Rosabelle.

L'urgence était donc de perpétuer ces savoir-faire uniques pour qu'ils ne tombent pas dans l'oubli. » Pour cela, l'entreprise fonctionne sur le mode des doublons, qui permet aux plus anciens de transmettre leurs secrets de fabrication aux plus jeunes. Si elle force aujourd'hui l'admiration pour avoir sauvé l'activité et tout un pan du patrimoine local, les débuts de Rosabelle n'ont pourtant pas été faciles. « J'étais attendue au tournant, se souvient-elle. Quand vous arrivez à même pas 30 ans devant des artisans qui ont quarante ans de métier, on vous regarde de haut. Sans compter que l'entreprise allait très mal à ce moment-là. Commence alors la phase la plus longue mais la plus importante : celle d'apprendre à se connaître et travailler ensemble... Et ensuite, c'est gagné ! »

Deux jours de travail sont nécessaires

Du début du tricot jusqu'à la livraison, pas moins de deux jours de travail sont nécessaires à la confection d'un béret, qui passe par les mains d'une douzaine de métiers différents. Une fois tricotée à base de laine mérinos, la « galette » est feutrée puis teinte à l'aide de pigments soigneusement choisis par les stylistes et l'équipe créatrice. Les bérets sont ensuite enformés (mis en forme) dans des fours avant d'être grattés puis tondus. Arrive ensuite la phase finale où l'on place les ornements tels que cuir, écussons, perles... « Nos bérets n'ont rien à voir avec les produits made in China que vous trouvez dans les boutiques de souvenirs à Paris, explique Rosabelle Forzy. Ils sont antibactériens, anti-UV et passent par des étapes de fabrication bien précises. Ce n'est pas pour rien que les militaires les utilisent. »

Aujourd'hui, une image plus moderne

Avec un chiffre d'affaires de 3 millions d'euros réalisé en 2015, Rosabelle Forzy a gagné son pari. Non contente d'avoir sauvé l'activité économique historique de la région, la jeune chef d'entreprise peut aussi se vanter d'avoir donné un vrai coup de jeune à un accessoire qualifié il n'y a encore pas si longtemps de ringard. « Le béret reste pour beaucoup associé au papy avec sa baguette de pain sous le bras, explique-t-elle. Or c'est aussi Che Guevara, Brigitte Bardot ou Picasso ! » Et c'est sur cette image glamour que les bérets Laulhère tentent de se repositionner. A côté du traditionnel feutre noir ou bleu marine, la maison ose des déclinaisons plus audacieuses à base de perles de jais, voilettes ou sequins... Des modèles qui ont déjà séduit les stars comme Madonna, Rihanna ou Omar Sy, qui s'affichait récemment à la une d'un magazine masculin affublé d'un élégant béret pyrénéen.

Plus d'infos sur laulhere-france.com

 

Ce que vous ne saviez pas sur le béret...

- Ce sont les bergers qui l'ont inventé. Ils tricotaient la laine qu'ils feutraient dans l'eau des «gaves», ces cours d'eau du Béarn.

- Il est « bichonné » ! Au sens propre. Cela consiste à enlever les éventuelles impuretés à la pince à épiler, avant la mise sur le marché.

- Adoré des actrices. Michèle Morgan et Faye Dunaway l'ont porté à l'écran. Sans oublier les bérets pastel de Françoise Dorléac et Catherine Deneuve dans Les Demoiselles de Rochefort.

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1 commentaire(s)
Anonyme - Le 17/11 à 01:39

Anaf

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