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Maïa Plissetskaïa : une vie consacrée à la danse

Connaissiez vous Maïa Plissetskaïa ? La célèbre ballerine russe, née dans le Moscou des années 20, s’est éteinte le 2 mai dernier à l’âge de 89 ans. Connue pour avoir dansé des ballets illustres tels « La Belle au Bois Dormant » ou encore « Le lac des Cygnes », Maïa jouissait d’une renommée internationale : elle était l’étoile du Bolchoï, une danseuse pourvue d’un don inégalable que la profession a bien souvent acclamé.

Mais la vie lui a surtout réservé un parcours hors du commun, qui a débuté douloureusement. Dans la Russie de Staline, la jeune fille, d’origine juive, s’est vue privée de famille très tôt : son père, considéré comme « ennemi du peuple » par le régime politique fut emprisonné puis exécuté. Sa mère, quant à elle, fut déportée dans un camp de travail. Au sein de ces moments difficiles, elle trouva refuge dans la danse, entourée de son oncle et sa tante qui étaient tous deux membres de l’école du Bolchoï.

Très vite, elle se révéla être une enfant prodige : un style tout en fluidité, une aura naturelle. Une étoile était née, celle de l’emblématique Bolchoï. La jeune Maïa devint d’ailleurs immédiatement soliste sans danser de prime abord dans un corps de ballet : un phénomène rare et qui la plaçait de suite sur le devant de la scène. Elle se démarqua en partie par son interprétation de « La Mort du Cygne » de Camille Saint-Saëns, dévoilant des mouvements de bras d’une élégance innée.

Toute sa vie, son existence s’est montrée empreinte de romanesque laissant volontiers se côtoyer l’amour, le talent, le succès, les tragédies et la souffrance. En Russie, Maïa Plissetskaïa avait beau être une ballerine impressionnante, le contexte politique lui imposait un manque notoire de liberté et une reconnaissance incomplète. Alors elle dansait. Elle écrira d’ailleurs dans ses mémoires cette phrase poignante : « L’art m’a sauvée. »

C’est seulement dans les années 80 qu’elle put quitter son pays de façon plus sereine et exercer sa passion aux Etats-Unis ou encore en Europe. Doté d’un tempérament volontaire, elle n’hésita pas à lutter activement pour le droit des femmes et dirigea même le Ballet National d’Espagne. Tour à tour chorégraphe, actrice ou écrivain, elle laissa ces quelques phrases au sein de son autobiographie Moi, Maïa Plissetskaïa parue en 1995 :
« Je suis née à Moscou. Au royaume de Staline. Puis j'ai vécu sous Kroutchev, Brejnev, Andropov,Tchernenko, Gorbatchev, Eltsine... Et j'aurai beau faire, jamais je ne renaîtrai une seconde fois. Vivons notre vie... Et je l'ai vécue. Je n'oublie pas ceux qui ont été bons pour moi. Ni ceux qui sont morts, broyés par l'absurde. J'ai vécu pour la danse. Je n'ai jamais rien su faire d'autre. Merci à cette nature grâce à laquelle j'ai tenu bon, je ne me suis pas laissé briser, je n'ai pas capitulé. »

Elle était la beauté et la force, une héroïne de son époque qui a toujours su rebondir malgré les coups durs du destin. A 80 ans, elle dansait encore sur scène ! Désormais partie, elle laisse un époux, le compositeur russe Rodion Chtechedrine, et un vide immense dans l’univers de la danse. Mais l’étoile continuera toujours de briller, à l’instar de cette vidéo toute en émotion de « La Mort du Cygne » :
https://www.youtube.com/watch?v=Uv0BLVSwqbQ

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