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Le dépassement de soi, une source de bien-être ?

Gravir un sommet des Alpes pour surmonter l'après-cancer, Martine l'a fait !

Jamais Martine n'aurait imaginé être capable de grimper au sommet d'une montagne ! Et pourtant, le 10 mars dernier, au bout de trois heures d'ascension, elle a planté un fanion à près de 2 000 mètres d'altitude !

De la fierté et une immense satisfaction. C'est ce qu'a ressenti Martine lorsqu'elle est parvenue au sommet d'un mont du massif alpin, à près de 2 000 mètres d'altitude. Il faut dire que pour elle, le défi était de taille. Pas franchement sportive, elle n'avait jamais chaussé de raquettes auparavant et, surtout, elle n'était vraiment pas au meilleur de sa forme à ce moment-là, puisqu'elle sortait à peine d'un long combat d'un an et demi contre le cancer du sein.

Le besoin de remettre son corps en mouvement

Lorsque la maladie est détectée, en septembre 2015, les cellules cancéreuses ont déjà atteint les ganglions. « J'ai eu le droit à la totale, comme on dit », se souvient Martine. Mastectomie partielle pour retirer la tumeur, curage axillaire, chimiothérapie, radiothérapie... la quinquagénaire suit un très lourd traitement. Pendant cette année et demie de lutte contre la maladie, Martine affiche un moral en béton : « Je voulais en finir au plus vite avec le cancer et j'ai essayé de ne jamais m'apitoyer », raconte-t-elle. Après s'être montrée si forte pendant son combat, elle connaît un moment de déprime vers la fin de son traitement. C'est alors qu'elle décide de contacter A chacun son Everest, une association dont elle a entendu parler pendant ses séances de chimiothérapie et qui organise des séjours pendant lesquels des femmes qui ont vaincu le cancer grimpent jusqu'au sommet d'une montagne. Martine pense alors qu'elle ne sera jamais capable de réaliser une telle prouesse, mais les nombreux témoignages positifs la convainquent de se lancer dans l'aventure. « J'ai senti que c'était le bon moment ! Je venais tout juste de terminer mes traitements et j'étais encore très fatiguée, mais j'avais réellement besoin de me rebooster », se souvient Martine. Une décision qu'elle ne regrette pas du tout car elle va passer une semaine intense, mais ultrabénéfique.

Malgré son vertige, elle escalade un mur de douze mètres

A son arrivée à Chamonix, Martine fait la connaissance des onze femmes avec qui elle va passer la semaine. L'occasion pour chacune de raconter son parcours, avec ses hauts et ses bas, et de partager son expérience. Elle rencontre aussi Christine Janin (voir Nous Deux n ° 3601), la fondatrice de l'association . « Une femme formidable ! », s'enthousiasme Martine. Dès le lendemain, les choses sérieuses commencent et les douze femmes font une première randonnée. Le jour suivant, elles s'initient à l'escalade dans une salle. Ce jour-là, Martine se surpasse une première fois. Elle qui a le vertige est la première à atteindre le haut du mur d'escalade, à douze mètres de haut. Le mercredi est consacré à une randonnée en raquettes, jusqu'au sommet du Prarion, à 1 969 mètres. Enfin, après une journée de repos, les femmes s'attaquent à l'ascension qui doit les mener jusqu'aux chalets du Chailloux, à près de 2 000 mètres d'altitude. Une ascension difficile, avec un dénivelé important et une pente extrêmement raide, à 60 %.

Ses proches sont impressionnés par sa performance

Pour Martine, les trois heures de marche en raquettes pour parvenir au sommet ne sont pas une partie de plaisir. « Même si nous faisions des pauses de temps en temps pour récupérer, c'était très dur. J'ai dû fournir un énorme effort », explique-t-elle. A bout de forces à deux reprises, elle est sur le point d'abandonner. Heureusement, elle peut compter sur le soutien de Christine. « Elle nous donne tellement d'énergie que l'on n e veut surtout pas la décevoir. » Les encouragements des autres femmes la motivent aussi beaucoup. « Sans leur soutien à toutes, je ne sais pas si j'aurais pu y arriver », concède Martine. Portée par le groupe, elle puise au plus profond d'elle-même pour atteindre le sommet. « Je peux vraiment dire que je me suis surpassée », se réjouit celle qui se souvient de la fierté qu'elle a ressentie au moment où elle a planté son fanion tout en haut. Mais au-delà de la performance physique, cette ascension a aussi une portée très symbolique pour elle : « On se sent tellement abîmée et fragilisée par la maladie que parvenir à se surpasser et à réaliser quelque chose dont on se sentait incapable quelques jours plus tôt a un impact évident sur notre estime de soi », confirme Martine. C'est donc le moral regonflé à bloc que, dès le lendemain, elle retrouve son mari et ses deux enfants. Des proches qui ne cachent pas leur admiration. « Ils n'en revenaient pas que j'aie réussi à faire cela après tout ce que j'avais traversé », s'amuse-t-elle. Un peu plus de quatre mois ont passé depuis ce jour où Martine a réalisé son exploit et elle essaie de garder quotidiennement à l'esprit toutes les choses positives qu'elle a expérimentées pendant cette semaine à Chamonix, et de ne jamais baisser les bras. « J'ai découvert qu'à partir du moment où j'avais la volonté, finalement, le reste suivait », se réjouit Martine. Une formidable leçon à retenir en cas de baisse de moral !

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