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Le surpoids, mieux comprendre pour mieux agir

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Selon une étude récente, un Français sur deux est en surpoids. Mais, à en croire les experts, les régimes présentent des risques pour la santé et favorisent l'effet yo-yo. Alors, comment se débarrasser de ces kilos en trop qui nous gâchent parfois la vie ? Le Dr Jean-Philippe Zermati, médecin nutritionniste et psychothérapeute, nous aide à y voir plus clair.

Les chiffres ne sont guère rassurants* : la moitié des Français est en situation de surpoids (indice de masse corporelle, ou IMC, supérieur à 25) ou d'obésité (IMC supérieur à 30). Et parce que l'on sait que l'IMC à lui seul ne reflète pas suffisamment l'impact de la surcharge pondérale sur le risque de développer un diabète ou du cholestérol, un autre paramètre a été pris en compte lors de cette étude : l'obésité abdominale, caractérisée par un tour de taille d'au moins 94 cm chez un homme et 80 cm chez une femme. Or, là aussi, il est apparu que 41,6 % des hommes et 48,5 % des femmes affichaient un tour de taille au-dessus de cette norme.

La génétique entre en compte

On le sait aujourd'hui, il existe une prédisposition familiale au surpoids. Grossir n'est pas une fatalité pour les membres de ces familles, mais c'est un risque auquel ils sont plus exposés que la moyenne. De la même façon, on ne grossit pas forcément à l'arrêt de la cigarette ou en vieillissant. En revanche, une chose est certaine : à partir du moment où l'on se met au régime et que l'on cherche à réduire son alimentation par un effort de volonté, on s'expose au risque d'une reprise de poids, souvent supérieure à la perte. La restriction cognitive, c'est-à-dire avoir l'intention de contrôler ses repas, implique de la frustration, voire de la culpabilité quand on ne respecte pas son régime. Elle favorise le développement de troubles de la conduite alimentaire. Paradoxalement, on pourrait donc presque dire que ce sont surtout les régimes qui nous empêchent de maigrir, voire nous font grossir.

Ecouter les signaux de son corps est essentiel

L' échec des régimes ne doit surtout pas être compris comme la fin des espoirs d'amaigrissement. Au contraire, leur inefficacité est l'occasion de revenir aux fondamentaux. Demander à notre cerveau d'exercer un contrôle permanent sur notre alimentation, c'est trop compliqué, et surtout inutile. A la naissance, l'organisme est équipé pour absorber le nombre de calories dont il a besoin, ni plus ni moins. Et il nous fait savoir quand il faut, ou non, manger : il nous envoie des signaux de faim et d'autres de rassasiement. Mais pour une foule de raisons, ces signaux peuvent être brouillés et c'est le début des problèmes de poids.

Il faut apprendre à s'aimer tel qu'on est

Oui, il est possible d'atteindre son poids d'équilibre sans se priver d'aucun aliment et en vivant normalement, tout en évitant de penser continuellement à son poids et sa manière de manger. Mais cela prend parfois du temps, surtout si l'on a une disposition génétique à multiplier ses cellules graisseuses et si l'on a répété les régimes amaigrissants et les fluctuations pondérales. Il faut aussi garder en tête que si notre corps est capable de nous ramener à notre poids d'équilibre, ce n'est pas forcément celui dont on rêve ni celui qui correspond aux canons de beauté... mais c'est le seul que l'on puisse maintenir sur la durée, parce qu'il respecte les sensations de faim. Intervient alors un autre paramètre : apprendre à s'aimer telle que l'on est. Parvenir à se convaincre que le fait d'être plus heureuse ne dépend pas des kilos qui nous séparent d'une silhouette idéale. D'ailleurs, si les stars resplendissantes dans leurs robes haute couture ne rencontraient que des succès dans leur vie sentimentale et professionnelle, cela se saurait ! Bien sûr, nous préférerions nous plaire totalement. Cela serait plus agréable, mais ce n'est pas une condition sine qua non du bonheur.

On peut se faire aider

Si vous ressentez le besoin de vous faire accompagner, consultez un professionnel (diététicien, médecin nutritionniste ou psychologue). Pratique, le site du Groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids (Gros.org/annuaire) propose un annuaire regroupant les praticiens formés à traiter les phénomènes de restriction cognitive. Ces thérapeutes ne considèrent pas le surpoids et l'obésité sous un angle uniquement diététique, mais dans une optique plus large, et prennent en compte la souffrance émotionnelle de leurs patients. Ils les aident à retrouver le plaisir de manger selon leurs sensations, de tout et sans culpabilité, mais aussi à faire un travail d'acceptation, d'estime et d'affirmation de soi.

*Source : « Constances », un programme de recherche épidémiologique lancé en 2012. (Constances.fr)

 

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Le Dr Zermatti est également l'auteur de Maigrir sans régime, éd. Odile Jacob, 22,25 € .

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