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Les superpouvoirs de la musique

Quel morceau vous fera du bien ?

On le ressent tous intuitivement, écouter de la musique nous fait du bien. Ces dernières années, la recherche a permis de démontrer ses vertus thérapeutiques. Edith Lecourt* , psychologue et musicothérapeute, nous explique tout.

La musique a toujours, et sur tous les continents, été utilisée à des fins thérapeutiques. Mais la musicothérapie, telle que nous la connaissons, s'est réellement développée en France, à la fin des années 60. Elle est aujourd'hui très présente, dans les domaines éducatif et social, comme dans celui de la santé. Nul besoin d'avoir l'oreille musicale, de savoir chanter ou de jouer d'un instrument. Il n'y a pas non plus de styles musicaux plus intéressants que d'autres. « La musicothérapie s'appuie sur l'utilisation du son et de la musique sous toutes leurs formes, rappelle Edith Lecourt, psychologue et musicothérapeute. Il n'est pas forcément nécessaire que les mélodies soient harmonieuses. L'objectif est d'apporter à l'individu qui écoute de la musique plus de possibilité et de liberté d'expression, pour une meilleure qualité de vie. » Tout le monde peut donc profiter de ses bienfaits. En voici quelques exemples.

ELLE DIMINUE l'hypertension artérielle

Une étude allemande, menée récemment sur cent vingt volontaires, a montré que les compositions de Mozart et de Strauss avaient permis de faire baisser la tension artérielle et le rythme cardiaque des participants, contrairement aux chansons d'Abba, qui n'avaient eu aucun effet marqué. Oui, mais vous n'aimez ni les concertos ni les symphonies ? Soyez rassuré ! Une étude américaine, datant de 2008, a mis en évidence le fait qu'écouter une musique perçue comme plaisante a des effets bénéfiques sur la santé cardiovasculaire.

En pratique  Profitez de toutes les occasions pour écouter les titres musicaux que vous appréciez, et pas forcément de la musique relaxante. Votre cœur vous remerciera. N'oubliez pas, cependant, que contre l'hypertension artérielle, rien ne remplace une bonne hygiène de vie.

ELLE FAVORISE le développement des prématurés

Les progrès de la médecine permettent de sauver de plus en plus de prématurés. Les maternités concentrent, à présent, leurs efforts sur le bien-être de ces nouveau-nés qui doivent passer des semaines, voire des mois, en couveuse, avec beaucoup d'examens et dans un environnement très bruyant. Parmi les soins de soutien au développement des bébés, il y a le peau à peau... et la musicothérapie. Plusieurs études, dont une publiée par l'université de Floride (États-Unis), en 2012, montrent, en effet, qu'elle permet de réguler la respiration et le rythme cardiaque, au moment des soins, sources d'inconfort, et qu'elle active le réflexe de succion. C'est primordial pour que les nourrissons s'alimentent et prennent du poids. Autre intérêt : la musicothérapie favorise les interactions parent-enfant.

En pratique  Pour apaiser les grands prématurés en réanimation, les musicothérapeutes s'appuient sur le humming, une façon très caractéristique de fredonner des syllabes pour recréer l'ambiance sonore in utero. Lorsque les bébés peuvent passer davantage de temps auprès de leurs parents, ces derniers chantent à leur enfant des berceuses adaptées. Le service de néonatalogie de l'hôpital de Creil (Oise) a été le premier à accueillir une musicothérapeute. C'était en 2007. Depuis, ce type d'interventions auprès des prématurés se multiplie tout doucement, malgré le manque de moyens financiers et de praticiens spécialisés. A noter que l'université de Montpellier (Hérault) propose une formation musicothérapie en néonatalogie.

ELLE RÉACTIVE la mémoire des malades d'Alzheimer

Les recherches en neuropsychologie et en neurosciences ont fait un formidable bon en avant ces dernières années. Les techniques d'imagerie cérébrale ont notamment permis de visualiser les régions du cerveau activées par l'écoute de la musique. Et, contrairement à ce que les chercheurs ont longtemps pensé, celle-ci ne se contente pas de stimuler une zone bien précise : son effet est beaucoup plus diffus, elle se répand un peu partout. Voilà probablement pourquoi, même dans le cas de maladies cognitives dégénératives de type Alzheimer, les ballades populaires parviennent encore à réveiller certains pans de mémoire. « Faire écouter des morceaux riches en souvenirs aux patients ne permet pas de les guérir, mais le temps d'une chanson, beaucoup semblent redevenir eux-mêmes, explique l'experte Edith Lecourt. Si l'effet cesse dès la fin de la chanson, ces quelques minutes sont précieuses pour le malade et ses proches. »

En pratique Des ateliers de musicothérapie sont proposés dans certains établissements de soins. « Les résultats peuvent se révéler étonnants, constate la spécialiste. Encadrés par des professionnels, certains patients ont réussi à mémoriser un chant et à s'en souvenir longtemps. » Tous les aidants peuvent faire profiter un proche souffrant de la maladie d'Alzheimer des effets de la musique sur la mémoire. Il suffit de se renseigner sur celles qu'il appréciait par le passé, le slow sur lequel il dansait... Et de les lui faire écouter, en restant attentif à ses réactions.

ELLE CONTRIBUE à traiter la dépression

La psychothérapie fait partie des traitements de la dépression, et la musicothérapie en est une branche reconnue et développée, au même titre que les autres formes d'art-thérapie. Le son, le bruit et leur harmonie peuvent, en effet, être de bons supports pour faciliter la démarche de psychothérapie. Par exemple, pour soigner un trouble de l'anxiété, le spécialiste cherche à comprendre ce qui provoque de la souffrance. Une fois que ce mécanisme est identifié, l'écoute musicale peut aider les personnes sensibles au stress à changer leur perception des choses.

En pratique Lors de la première séance, le musicothérapeute interroge son patient sur sa relation avec la musique, ses goûts... Il lui fait écouter des extraits musicaux puis l'invite à utiliser le matériel sonore ou musical mis à sa disposition. Les conclusions de cet entretien préliminaire serviront à confirmer l'utilité de la musicothérapie et guider la construction des séances qui, le plus souvent, mixent écoute et production sonore.

* Edith Lecourt est également cofondatrice de l'Association française de musicothérapie et auteure de La Musicothérapie ( éd. Eyrolles, 10 €).

TROUVER UN MUSICOTHÉRAPEUTE

Qu'ils soient psychologues, médecins, professeurs de musique, éducateurs, travailleurs sociaux..., les musicothérapeutes sont tous musiciens. Les séances individuelles durent entre trente et soixante minutes ; celles en groupe, entre une et deux heures. Leur coût varie de trente à soixante euros.

Dans les hôpitaux et les centres de soin, elles sont incluses dans la prise en charge. En cabinet, elles ne sont pas remboursées par l'Assurance maladie, mais peuvent l'être par certaines mutuelles.

Pour trouver un praticien, allez sur le site Musicotherapie-federationfrancaise.com et consultez la rubrique « Registre national ».

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